Il n’existe pas de « bon » crédit hypothécaire dans l’absolu : le bon choix est celui dont le coût total, le type de taux et la durée restent supportables dans votre budget. Pour comparer deux offres, mettez-les côte à côte sur les mêmes hypothèses (montant, durée, type de taux) et regardez le TAEG de la fiche ESIS, pas le seul taux d’intérêt.
- Le TAEG inclut le taux, les frais de dossier et d’expertise ainsi que les assurances demandées par le prêteur, mais pas les frais de notaire ni les droits d’enregistrement.
- Les frais de dossier d’un crédit hypothécaire sont plafonnés à 350 € (source : Wikifin) et ne sont dus qu’après l’acceptation de l’offre.
- Une offre hypothécaire lie le prêteur pendant au moins 14 jours (art. VII.127 §3 du Code de droit économique).
Sommaire

Ce qu’il faut comparer entre deux crédits hypothécaires
Un crédit hypothécaire se juge sur plusieurs critères à la fois. Le taux affiché n’est que l’un d’eux. Voici ceux qui font réellement varier le coût et le risque.
Le TAEG
Le taux annuel effectif global exprime le coût du crédit en pourcentage annuel. Il tient compte des frais de dossier, de l’expertise et des assurances demandées, ce qui le rend plus utile que le taux nominal pour comparer.
Le type de taux
Taux fixe, taux variable ou variable plafonné (« cap ») : ils ne répartissent pas le risque de la même façon entre vous et le prêteur.
La quotité et l’apport
La part du prix financée par le prêt et la part que vous apportez déterminent le montant emprunté, donc la mensualité.
La durée
Plus elle est longue, plus la mensualité baisse et plus les intérêts totaux montent.
Les frais et assurances
Frais de dossier, expertise, assurance solde restant dû, assurance habitation : leur montant peut différer d’un prêteur à l’autre.
Les conditions de sortie
Indemnité en cas de remboursement anticipé, possibilité d’adapter le contrat en cours de route.
Pour comparer des offres de manière équitable, Wikifin (initiative de la FSMA) recommande de demander les mêmes simulations à chaque prêteur : même montant, même durée, même type de taux. Sinon, vous comparez des choses qui ne se ressemblent pas.
Taux fixe ou taux variable : quel risque acceptez-vous ?
Avec un taux fixe, la mensualité est connue pour toute la durée du crédit. Avec un taux variable, le taux initial est adapté à intervalles réguliers (par exemple chaque année, tous les trois ans ou tous les cinq ans, selon la formule) en fonction d’un indice de référence. Il peut monter ou baisser.
Pour : mensualité stable, budget prévisible.
Contre : vous restez sur ce taux même si le marché baisse, sauf à envisager un remboursement anticipé puis un refinancement (avec ses coûts).
Pour : taux de départ généralement plus bas qu’en taux fixe, mensualité qui peut baisser si le marché recule.
Contre : la mensualité peut augmenter à chaque révision. La loi limite la hausse mais ne la supprime pas.
Ce que dit le cadre légal (art. VII.143 du Code de droit économique) : le taux variable doit pouvoir varier à la hausse comme à la baisse, à l’issue de périodes d’au moins un an, en fonction d’un indice de référence, et le contrat doit fixer un plafond de variation par rapport au taux initial. Selon Wikifin, un taux variable ne peut tout au plus que doubler ; certains prêteurs proposent un « cap » plus strict (par exemple +2 points). Lisez ces limites dans l’ESIS et dans l’offre avant de signer.
Hypothèses illustratives (calcul du 29/09/2026, taux mensuel équivalent, pas des offres réelles) : 200 000 € sur 25 ans. Taux variable initial de 3,00 % : mensualité de 944,22 €. Après 5 ans, il reste 170 876,18 € à rembourser. Si le taux doublait alors à 6,00 % (le maximum théorique évoqué par Wikifin), la mensualité sur les 20 ans restants passerait à 1 208,59 €, soit environ 264 € de plus par mois. À titre de comparaison, un taux fixe de 3,50 % sur 25 ans donnerait 995,37 € par mois (TAEG 3,52 % avec 350 € de frais de dossier, sans assurance). Le TAEG du taux variable ne peut pas être calculé à l’avance : il dépend de l’évolution de l’indice.
La question à vous poser n’est donc pas « quel taux est le plus bas aujourd’hui ? » mais « pourrais-je payer la mensualité la plus haute possible ? ».
Pour comprendre en détail les formules de taux, voir aussi quel type de taux choisir pour un emprunt immobilier.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent. Les chiffres de cette page sont des exemples illustratifs, pas des offres. Seule l’ESIS remise par un prêteur ou un intermédiaire fait foi pour votre dossier.
Quotité, apport et frais d’achat
La quotité est la part du prix (ou plutôt de la valeur du bien) que le prêteur finance. Le prêteur se base sur la valeur estimée du bien après expertise, pas seulement sur le prix d’achat (source : Wikifin). L’apport personnel couvre le reste, plus les frais d’achat, qui ne sont en principe pas financés par la banque.
L’exemple de Wikifin est parlant : pour un bien vendu 250 000 € et une quotité de 80 %, le crédit est de 200 000 € et il vous faut réunir 50 000 €, plus les frais. Si l’expert estime le bien à 200 000 € seulement, le prêt tombe à 160 000 € et l’apport nécessaire augmente d’autant.
Prêt de 200 000 €, 25 ans, taux fixe 3,50 % (hypothèse) : mensualité de 995,37 € (TAEG 3,52 % avec 350 € de frais de dossier, sans assurance).
Prêt de 225 000 €, mêmes hypothèses : mensualité de 1 119,79 €, soit 124,42 € de plus par mois (TAEG 3,51 %, mêmes hypothèses de frais).
Les droits d’enregistrement s’ajoutent à l’apport et dépendent de la Région. Selon notaire.be, le taux réduit pour l’habitation propre est de 3 % en Wallonie (au lieu de 12,5 %, sous conditions) et de 2 % en Flandre (au lieu de 12 %, sous conditions). Sur 250 000 €, cela représente 7 500 € en Wallonie et 5 000 € en Flandre lorsque les conditions sont remplies. Pour Bruxelles, faites calculer le montant exact par votre notaire.
Pour aller plus loin sur ce point : budget, apport et mensualité pour un prêt maison.
Durée : mensualité plus basse ou coût total plus bas ?
Allonger la durée soulage le budget mensuel mais renchérit le crédit. Exemple sur 200 000 € à taux fixe 3,50 % (hypothèse illustrative ; TAEG 3,52 % sur les deux durées, avec 350 € de frais de dossier et sans assurance) :
| Durée | Mensualité | Intérêts totaux |
|---|---|---|
| 20 ans | 1 154,28 € | 77 027,20 € |
| 25 ans | 995,37 € | 98 611,00 € |
Cinq ans de plus font baisser la mensualité de 158,91 € mais coûtent 21 583,80 € d’intérêts supplémentaires. Ni l’un ni l’autre n’est « meilleur » en soi : tout dépend de la marge qu’il vous reste chaque mois. Wikifin rappelle qu’il est d’usage que la mensualité ne dépasse pas un tiers des revenus nets, à moduler selon votre situation et vos autres crédits.
Le détail du calcul est expliqué dans calculer un prêt hypothécaire pas à pas.
Comparer deux offres à TAEG égal : un exemple
Comparer « à TAEG égal » signifie comparer des offres construites sur les mêmes hypothèses, puis lire leur TAEG. Un taux nominal plus bas peut cacher des frais ou une assurance plus chers. Exemple avec deux offres fictives pour 200 000 € sur 25 ans, taux fixe, avec 350 € de frais de dossier dans les deux cas :
| Critère | Offre A | Offre B |
|---|---|---|
| Taux débiteur annuel | 3,40 % | 3,45 % |
| Mensualité (hors assurance) | 985,03 € | 990,19 € |
| Assurance solde restant dû (hypothèse) | 400 € par an | 250 € par an |
| TAEG | 3,74 % | 3,67 % |
| Coût total (intérêts, dossier, assurance) | 105 859 € | 103 657 € |
L’offre A affiche le taux le plus bas mais, avec une assurance plus chère, elle revient à environ 2 202 € de plus sur 25 ans. Le TAEG de B est plus bas : c’est lui qu’il faut regarder. Ces primes sont supposées constantes pour simplifier ; en réalité, elles évoluent avec le capital restant dû et selon le contrat.
Le TAEG a ses limites : il ne comprend pas les frais de notaire ni les droits d’enregistrement, et il suppose que le crédit va à son terme. Deux offres au TAEG voisin peuvent différer sur la flexibilité (voir plus bas).
Frais, assurance et offre : les points de contrôle
Frais de dossier
Le maximum est de 350 € pour un crédit hypothécaire (300 € pour un crédit-pont) selon Wikifin. Ils ne sont dus qu’après l’acceptation de l’offre (art. VII.141 §2). Si le crédit est refusé, seuls les frais de consultation de la Centrale et de taxation peuvent être réclamés (art. VII.137).
Expertise
Ses frais peuvent être mis à votre charge à condition de vous être communiqués au préalable. Ils ne sont dus que si l’expertise a réellement eu lieu (art. VII.141 §1).
Assurance solde restant dû
Wikifin précise que son coût est compté dans le TAEG. Demandez si l’assurance est exigée, sous quelle forme (prime unique ou périodique) et si vous pouvez la souscrire ailleurs.
Assurance habitation
Elle est aussi prise en compte dans le TAEG selon Wikifin ; ses primes reviennent chaque année.
ESIS et offre
La fiche d’informations européennes standardisées (ESIS) doit vous être remise avant ou avec l’offre (art. VII.127 §2). Elle est identique dans sa forme chez tous les prêteurs. L’offre reprend tous les coûts connus, la durée de validité, les conditions et le tableau d’amortissement, et lie le prêteur au moins 14 jours (art. VII.127 §3). Si les caractéristiques changent, une nouvelle ESIS accompagne l’offre.

Pour lire une offre ligne par ligne, consultez comment lire et comparer une offre de crédit hypothécaire. Les prêteurs et intermédiaires doivent aussi vous recommander un crédit adapté à votre situation et vous remettre cette recommandation sur support durable (art. VII.131) ; ils ne peuvent pas vous la facturer.
Indemnité de remploi et sortie anticipée
Le prêteur peut prévoir une indemnité en cas de remboursement anticipé, total ou partiel. Elle est calculée au taux périodique sur le solde restant dû et ne peut pas dépasser trois mois d’intérêts (art. VII.147/12). Wikifin précise qu’elle doit être prévue expressément dans le contrat. Depuis le 10 juin 2024, elle ne peut plus être réclamée si vous refinancez auprès de la même banque, et les frais de dossier sont alors limités à 175 €.
Ordre de grandeur (hypothèse illustrative) : sur un solde de 150 000 € à un taux débiteur de 3,50 %, trois mois d’intérêts représentent au plus 1 291,90 €. C’est un critère de choix si vous pensez revendre, refinancer ou rembourser une partie du capital avec un héritage ou une prime. Pour évaluer un changement de prêteur, voir racheter un crédit hypothécaire : coût et rentabilité.
Méthode en 6 étapes pour choisir
- Fixez votre limite mensuelle avec le calculateur de budget de Wikifin, après déduction de vos autres crédits.
- Estimez l’apport et les frais : droits d’enregistrement de votre Région, notaire, expertise, dossier.
- Choisissez un scénario de référence : montant, durée, type de taux. Ne changez plus ces paramètres d’un prêteur à l’autre.
- Demandez des simulations à plusieurs prêteurs ou intermédiaires. Une simulation ne peut pas vous être facturée (source : Wikifin).
- Passez à l’offre avec le ou les organismes retenus, puis lisez l’ESIS : TAEG, assurances, conditions de révision du taux, indemnité de sortie.
- Prenez le temps de décider pendant la durée de validité de l’offre, et faites relire les points obscurs avant de signer chez le notaire.
Pour simuler d’abord les ordres de grandeur, voir comment simuler un prêt hypothécaire et lire le résultat et le guide quel prêt hypothécaire choisir.
Si vous avez du mal à rembourser des mensualités actuelles, ne contractez pas un nouveau crédit pour « respirer ». Contactez votre CPAS ou un service de médiation de dettes, ou Ombudsfin en cas de litige avec un prêteur.
Questions fréquentes
Faut-il choisir le taux le plus bas ?
Non. Le taux nominal ne contient ni les frais ni les assurances. Comparez le TAEG et vérifiez le type de taux, la durée et les conditions de sortie.
Quelle différence entre une simulation et une offre ?
Une simulation est indicative et gratuite. L’offre est le document personnalisé accompagné de l’ESIS, qui reprend tous les coûts connus du prêteur et le lie au moins 14 jours. Les frais de dossier ne sont dus qu’après acceptation de l’offre.
Le taux variable est-il dangereux ?
Il n’est pas dangereux en soi mais il transfère le risque de hausse vers vous. Vérifiez la périodicité de révision, l’indice, le plafond ou le « cap », puis testez la mensualité maximale possible dans votre budget.
Quel apport faut-il prévoir ?
Cela dépend du prêteur, de la valeur d’expertise et de la garantie. Wikifin donne l’exemple d’un prêt à 80 % de la valeur, avec l’apport et les frais à votre charge. Demandez la quotité maximale envisagée avant de vous engager.
Peut-on rembourser son crédit hypothécaire avant terme ?
Oui, mais le prêteur peut prévoir une indemnité limitée à trois mois d’intérêts sur le solde. Lisez la clause avant de signer.
Peut-on renoncer au crédit après la signature ?
L’article VII.138 prévoit 14 jours de rétractation pour un crédit hypothécaire à destination mobilière sans hypothèque, mais ne le prévoit pas pour un achat immobilier. Prenez donc votre décision avant de signer et vérifiez les clauses de votre contrat.
Sources et vérification
Informations vérifiées le 29/09/2026. Le Livre VII du Code de droit économique a été modifié par des lois de 2026 dont certaines dispositions entrent en vigueur plus tard : vérifiez la règle applicable à la date de votre offre.
- Wikifin (FSMA) : comparer des crédits hypothécaires, taux fixe ou variable, frais liés au crédit, capacité et quotité, indemnité de remploi.
- notaire.be : droits d’enregistrement en Wallonie et en Flandre.
- Code de droit économique, Livre VII (articles VII.127, VII.131, VII.137, VII.138, VII.141, VII.143, VII.147/12) ; SPF Économie : crédit hypothécaire ; Ombudsfin.
Calculs : taux mensuel équivalent (1 + taux annuel)^(1/12) − 1, mensualité constante ; TAEG obtenu par actualisation des flux mensuels avec les hypothèses indiquées.








