Un rachat de crédit (ou regroupement de crédits) est un nouveau crédit dont le montant sert à rembourser un ou plusieurs contrats en cours. Vous n’avez ensuite plus qu’un contrat, avec un nouveau taux, une nouvelle durée et une seule mensualité.
- La mensualité baisse surtout parce que la durée s’allonge : le coût total peut augmenter, même avec un taux plus bas.
- Les anciens prêteurs peuvent réclamer une indemnité : au maximum 1 % ou 0,5 % du capital pour un crédit à la consommation, trois mois d’intérêts pour un crédit hypothécaire.
- Le prêteur doit évaluer votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la BNB.
- En cas d’impayés ou de budget déjà déséquilibré, un nouveau crédit n’est pas la solution adaptée : la médiation de dettes (CPAS) existe pour cela.
Cette page explique le mécanisme et ses coûts. Elle n’est pas une offre de crédit.
Sommaire
- Rachat, regroupement, refinancement : de quoi parle-t-on ?
- Ce que change un rachat sur le coût total : exemple chiffré
- Faire le calcul soi-même avant toute simulation
- Rachat d’un crédit hypothécaire : les règles propres
- La procédure, étape par étape
- Quand le rachat n’est pas la bonne réponse
- Questions fréquentes
- Lexique
Rachat, regroupement, refinancement : de quoi parle-t-on ?
Rachat de crédit, regroupement, centralisation ou refinancement de crédits : ces termes désignent la même opération. Un prêteur accorde un nouveau crédit ; les fonds servent à solder vos contrats en cours, qui sont clôturés. Le rachat n’a pas de régime juridique propre : le nouveau contrat suit les règles de sa catégorie.

Un crédit à la consommation
Lorsque les contrats repris sont un prêt personnel, un prêt auto, un prêt moto, un prêt travaux ou une ouverture de crédit, et qu’aucune hypothèque n’est prise. Le nouveau contrat est alors le plus souvent un prêt à tempérament, avec les durées maximales fixées par arrêté royal selon le montant.
Un crédit hypothécaire
Lorsqu’un bien immobilier est donné en garantie. Le Code de droit économique distingue le crédit hypothécaire à destination immobilière (acheter ou conserver un logement, ou refinancer ce même crédit) et le crédit hypothécaire à destination mobilière (autres usages, par exemple solder des crédits à la consommation : c’est le prêt liquidité), article I.9, 53/1° et 53/2°.
Le détail des contrats qui peuvent être repris (y compris les dettes non liées à un crédit) est traité dans notre page quels contrats peuvent être regroupés, et à quel coût. Pour un propriétaire, la comparaison entre prêt personnel, hypothèque et reprise d’encours figure dans la page crédit propriétaire.
Ce que change un rachat sur le coût total : exemple chiffré
Un rachat modifie trois éléments à la fois : le taux, la durée et les frais (indemnités de remboursement anticipé, éventuels frais de dossier ou d’acte). La mensualité ne dit rien du coût final : seule la comparaison des montants totaux à payer permet de juger.
- Prêt auto : solde de 11 000 €, encore 42 mois, taux débiteur 9,50 % (TAEG ≈ 9,92 % sans frais) : 308,88 € par mois.
- Prêt personnel : solde de 3 800 €, encore 12 mois, taux débiteur 11 % (TAEG ≈ 11,57 % sans frais) : 335,85 € par mois.
- Ensemble : 644,73 € par mois et 2 203,16 € d’intérêts encore à payer.
- Indemnités de remboursement anticipé aux plafonds légaux : 1 % de 11 000 € (plus d’un an restant) + 0,5 % de 3 800 € (un an ou moins) = 129 €, intégrés au nouveau crédit de 14 929 €.
Mensualité : 408,71 € (plus basse qu’aujourd’hui pendant la première année, plus élevée ensuite)
Intérêts : 2 236,82 € + indemnités 129 € = 2 365,82 €
Écart avec le maintien des deux crédits : +162,66 €
Mensualité : 302,71 € dès le premier mois
Intérêts : 3 233,60 € + indemnités 129 € = 3 362,60 €
Écart avec le maintien des deux crédits : +1 159,44 €
Coût des intérêts et indemnités, selon le scénario
Conserver les deux crédits : 2 203,16 €
Rachat sur 42 mois : 2 365,82 €
Rachat sur 60 mois : 3 362,60 €
Deux enseignements. D’abord, un taux plus bas (8 % au lieu de 9,50 % et 11 %) ne suffit pas : le prêt personnel, qui devait être soldé en 12 mois, est étalé sur toute la durée du nouveau crédit. Ensuite, la mensualité réduite du scénario 60 mois se paie par 18 mois de remboursement en plus. Pour 14 929 €, 60 mois est d’ailleurs la durée maximale légale d’un prêt à tempérament (montants de 10 000,01 à 15 000 €, arrêté royal du 14 septembre 2016, article 13).
Hypothèses au 29/09/2026 : taux débiteurs fixes purement illustratifs, sans frais de dossier ni assurance ; mensualités calculées au taux mensuel = taux annuel / 12 et arrondies au cent ; intérêts = mensualité × nombre de mois − capital. Aucun de ces taux ne correspond à une offre.
Le même raisonnement, sur des durées plus longues, est détaillé dans notre page centralisation de crédits : le coût réel de l’allongement de la durée. La façon dont les intérêts sont recalculés sur le prêt unique est expliquée dans comment se calculent les intérêts d’une centralisation de prêt.
Faire le calcul soi-même avant toute simulation
Un simulateur de rachat affiche une mensualité. Pour savoir si l’opération vous coûte ou vous rapporte, rassemblez d’abord ces chiffres :
1. Ce qu’il reste à payer aujourd’hui
Pour chaque crédit : solde restant dû, mensualité et nombre de mois restants (tableau d’amortissement ou attestation du prêteur). Multipliez mensualité × mois restants et additionnez : c’est votre point de comparaison.
2. Les frais de sortie
Demandez à chaque prêteur le décompte de remboursement anticipé et le montant de l’indemnité (voir étape 6). Une ouverture de crédit n’en supporte aucune.
3. Le montant total dû du nouveau crédit
Il figure dans le formulaire d’information précontractuelle (SECCI, ou ESIS en hypothécaire). Ajoutez les frais hors TAEG éventuels (acte notarié, par exemple).
4. La comparaison
Montant total dû du nouveau crédit + frais, face au total calculé au point 1. Comparez aussi la date de la dernière mensualité.
Pour refaire un calcul de mensualité ou d’intérêts, le calculateur de crédit de Wikifin (FSMA) est un outil neutre ; la méthode pas à pas est expliquée dans notre page calculer le coût d’un crédit. Si vous recevez plusieurs offres, les points à lire sont repris dans comparer des offres de regroupement : 7 critères. Votre prêteur actuel peut aussi être interrogé sur son taux débiteur, la durée ou les frais ; il est libre d’accepter, et les points à comparer figurent dans négocier avec son prêteur actuel avant tout regroupement.
Rachat d’un crédit hypothécaire : les règles propres
Refinancer un crédit hypothécaire (chez un autre prêteur, ou en y ajoutant d’autres crédits) obéit à des règles différentes du crédit à la consommation :
- Indemnité de remploi : l’ancien prêteur peut réclamer au maximum trois mois d’intérêts calculés au taux du crédit sur le solde remboursé (article VII.147/12). Exemple : sur un solde de 150 000 € à 4 % (taux mensuel équivalent 0,327 %), l’indemnité maximale est de 1 473,18 €.
- Frais d’acte : le nouveau crédit garanti par une hypothèque passe par un notaire. Les droits et frais sont calculés sur 110 % du montant emprunté, pour couvrir les accessoires ; le calculateur de frais d’acte de crédit de notaire.be en donne une estimation. S’y ajoutent, le cas échéant, les frais de mainlevée de l’ancienne inscription hypothécaire et d’éventuels frais de dossier.
- Offre écrite : le prêteur remet une offre qui le lie pendant au moins quatorze jours (article VII.127, § 3), accompagnée de l’ESIS ; si le crédit sert à solder d’autres crédits que celui du logement, c’est le SECCI qui s’applique.
- Renégocier plutôt que racheter : vous pouvez demander à votre prêteur actuel de modifier le taux ou la durée. Il est libre d’accepter ; s’il le fait, il vous remet un avenant et peut facturer des frais de dossier selon son tarif (article VII.145).
Avant de comparer deux taux, il faut donc savoir en combien de mois l’économie de mensualité rembourse l’indemnité et les frais d’acte. Ce « point mort » est calculé dans nos pages rachat de crédit hypothécaire : frais, durée et exemple et refinancement hypothécaire : quand est-ce rentable ?.
La procédure, étape par étape
1. La demande et les informations à fournir
Le prêteur ou l’intermédiaire de crédit vous interroge sur votre situation avant toute offre. Attendez-vous à fournir :
- une pièce d’identité et une preuve de domicile ;
- vos revenus : fiches de paie récentes, avertissement-extrait de rôle, attestation d’allocations ou de pension ;
- vos charges fixes : loyer ou mensualité hypothécaire, pensions alimentaires, autres crédits ;
- pour chaque crédit à racheter : le contrat, le tableau d’amortissement ou une attestation du solde restant dû ;
- pour un crédit hypothécaire : le titre de propriété, l’acte de crédit existant et, souvent, une estimation du bien.
Les documents à réunir et les chiffres à obtenir de chaque prêteur sont détaillés dans notre page préparer un dossier de demande de regroupement de crédits.
2. L’évaluation de la solvabilité et la Centrale
Le prêteur doit évaluer rigoureusement votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers (CCP) de la Banque nationale (article VII.77). Il ne peut conclure le contrat que s’il peut raisonnablement estimer que vous pourrez le rembourser. Si des impayés de plus de 1 000 € au total sont enregistrés pour des crédits à la consommation ou hypothécaires à destination mobilière, il ne peut pas conclure de nouveau contrat ; pour d’autres impayés, il doit motiver spécialement sa décision. Vous pouvez consulter gratuitement vos données à la CCP. Plus de détails dans notre page solvabilité et règles d’octroi.
3. Les informations précontractuelles
Avant toute signature, vous recevez sur support durable le SECCI (article VII.70), ou l’ESIS pour un crédit hypothécaire : montant, durée, taux débiteur, TAEG, montant total dû, mensualités, frais et conditions de remboursement anticipé.
4. L’offre et la signature
Le contrat reprend les éléments du formulaire. Pour un crédit hypothécaire, la signature a lieu chez le notaire.
5. Le délai de rétractation
Pour un crédit à la consommation, vous pouvez renoncer au contrat sans motif pendant quatorze jours calendrier (article VII.83). Si les fonds ont déjà été versés, le capital et les intérêts courus doivent être restitués. Ce droit existe aussi pour un crédit hypothécaire à destination mobilière sans hypothèque (article VII.138) ; pour un crédit garanti par une hypothèque, la protection passe par l’offre qui lie le prêteur au moins quatorze jours.
6. Le remboursement des anciens crédits
Le nouveau prêteur solde les anciens contrats. Pour un crédit à la consommation, l’ancien prêteur est averti par envoi recommandé au moins dix jours avant le remboursement (article VII.96). Il peut réclamer une indemnité (article VII.97) d’au maximum 1 % du capital remboursé s’il restait plus d’un an, 0,5 % sinon, sans dépasser les intérêts qui restaient à courir. Aucune indemnité pour une ouverture de crédit ni pendant une période à taux variable. Il communique le montant et son calcul sur support durable dans les dix jours.
7. Le nouvel échéancier
Vous recevez un tableau d’amortissement unique. Vérifiez auprès de chaque ancien prêteur que le contrat est clôturé, puis consultez vos données à la CCP pour contrôler que les anciens contrats n’y figurent plus comme en cours.
Il n’existe pas de délai légal de réponse : la durée dépend du dossier, du nombre de créanciers à contacter et, en hypothécaire, du passage chez le notaire.
Quand le rachat n’est pas la bonne réponse
Impayés, rappels, budget qui ne suffit plus ? Un rachat reste un crédit : il suppose que la nouvelle mensualité puisse être payée durablement. Si ce n’est plus le cas, d’autres voies existent et ne dépendent pas d’un prêteur.
Contacter son prêteur
Wikifin conseille de le contacter au plus vite pour demander une suspension temporaire ou un étalement, et de confirmer par écrit recommandé ce qui a été convenu. Voir aussi notre page difficultés à rembourser un prêt : que faire ?
La médiation de dettes
Un médiateur de dettes reconnu (service du CPAS de votre commune, certaines ASBL agréées, avocat, notaire) négocie avec vos créanciers un plan de remboursement compatible avec un niveau de vie décent. La loi réserve la médiation de dettes à ces services et professions (article VII.115).
Les facilités de paiement
Pour un crédit à la consommation, le juge de paix peut accorder des délais ou un échelonnement au consommateur dont la situation financière s’est aggravée, même si le prêteur invoque une clause de résiliation (article VII.107).
Le règlement collectif de dettes
Procédure judiciaire devant le tribunal du travail de votre domicile, en cas de surendettement durable, avec des conditions strictes.
Un refus fondé sur l’évaluation de solvabilité est l’application de la loi ; notre page prêt refusé en Belgique explique les motifs et les aides. En cas de litige sur un crédit, la FSMA conseille de s’adresser d’abord au service des plaintes du prêteur ou de l’intermédiaire, puis au service de médiation Ombudsfin ; le SPF Économie peut aussi recevoir une plainte en tant qu’autorité de contrôle. Informations publiques : Wikifin, que faire si vous n’arrivez plus à rembourser ?
Questions fréquentes
Quelle différence entre rachat de crédit et regroupement de crédits ?
Aucune sur le plan juridique : les deux expressions désignent un nouveau crédit qui solde des contrats existants. On parle plutôt de « regroupement » quand plusieurs crédits sont repris, de « rachat » ou « refinancement » quand il n’y en a qu’un.
Un rachat de crédit fait-il baisser le coût total ?
Pas nécessairement. Il le réduit seulement si l’écart de taux compense les indemnités, les frais et l’éventuel allongement de la durée. Dans l’exemple ci-dessus, les deux scénarios coûtent plus cher que le maintien des contrats.
Peut-on regrouper un crédit hypothécaire et des crédits à la consommation ?
Oui, par un crédit hypothécaire dont une partie a une destination mobilière. Les crédits à la consommation sont alors remboursés sur une durée plus longue, avec des frais d’acte : le coût total doit être comparé avec soin, et le logement est donné en garantie de l’ensemble.
Peut-on obtenir un rachat avec des impayés enregistrés à la Centrale ?
Si plus de 1 000 € d’impayés non remboursés sont enregistrés pour des crédits à la consommation (ou hypothécaires à destination mobilière), le prêteur ne peut pas conclure de nouveau contrat (article VII.77, § 2). La médiation de dettes est alors la voie prévue.
L’ancien prêteur peut-il refuser le remboursement anticipé ?
Non. Rembourser le solde par anticipation est un droit, à tout moment (article VII.96 pour le crédit à la consommation, VII.147/11 pour le crédit hypothécaire, où les remboursements partiels peuvent être encadrés par le contrat). L’ancien prêteur peut seulement réclamer l’indemnité plafonnée.
Comment vérifier un prêteur ou un intermédiaire ?
La FSMA met à disposition une fonction de recherche « Vérifiez votre fournisseur » : elle indique si votre interlocuteur dispose d’une autorisation et s’il fait l’objet d’une mise en garde. Des escrocs usurpent parfois le nom d’entreprises autorisées : vérifiez les coordonnées avant de transmettre des documents.
Règles lues dans le livre VII du Code de droit économique consolidé au 4 août 2026. Une loi du 20 juillet 2026 modifie plusieurs dispositions à partir du 20 novembre 2026 : vérifiez les conditions applicables à la date de votre contrat.
Lexique du rachat de crédit
- TAEG : taux annuel effectif global, coût total du crédit exprimé en pourcentage annuel, intérêts et frais obligatoires compris. C’est le chiffre à comparer d’une offre à l’autre.
- Taux débiteur : taux d’intérêt appliqué au capital, hors frais. Toujours inférieur ou égal au TAEG.
- Montant total dû : capital emprunté plus l’ensemble des intérêts et frais sur toute la durée. Figure dans le SECCI.
- SECCI / ESIS : formulaires d’information précontractuelle standardisés, respectivement pour le crédit à la consommation et le crédit hypothécaire.
- CCP : Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale, registre des crédits et des défauts de paiement, consulté obligatoirement par le prêteur.
- Remboursement anticipé : droit de rembourser tout ou partie du capital avant terme, avec réduction des intérêts restants et indemnité plafonnée.
- Indemnité de remploi : indemnité due à l’ancien prêteur hypothécaire en cas de remboursement anticipé, limitée à trois mois d’intérêts.
- Zérotage : obligation, pour une ouverture de crédit, de ramener le solde à zéro dans un délai fixé par la réglementation selon le montant.
- Médiation de dettes : négociation d’un plan de paiement avec les créanciers par un service agréé ou un professionnel habilité, hors procédure judiciaire.
- Règlement collectif de dettes : procédure judiciaire de traitement du surendettement, avec un médiateur désigné par le tribunal du travail.
À lire aussi
Sources consultées
Textes et pages officiels consultés le 29 septembre 2026 :
- Livre VII du Code de droit économique (texte consolidé au 4 août 2026) : articles I.9, VII.65, VII.70, VII.77, VII.83, VII.96, VII.97, VII.107, VII.115, VII.127, VII.138, VII.145, VII.147/11 et VII.147/12 ; arrêté royal du 14 septembre 2016, article 13.
- Code annoté des crédits aux consommateurs – VII.77, solvabilité
- Code annoté – VII.70 à VII.72, SECCI
- Code annoté – VII.83 et VII.138, rétractation
- Code annoté – VII.96 et VII.97, remboursement anticipé
- Code annoté – VII.107, facilités de paiement
- Code annoté – VII.65, publicité interdite
- Banque nationale de Belgique – Centrale des crédits aux particuliers
- Wikifin – Que faire si vous n’arrivez plus à rembourser votre crédit ? (mise à jour du 9 février 2026)
- Wikifin – Vos dettes s’accumulent (mise à jour du 11 mai 2026)
- notaire.be – Les frais liés au crédit hypothécaire
- SPF Économie – Crédit à la consommation
- FSMA – Crédit à la consommation
