Toute personne majeure domiciliée en Belgique, disposant de revenus réguliers et vérifiables et sans impayé de plus de 1 000 € non remboursé à la Centrale des crédits aux particuliers peut demander un prêt personnel. Aucune loi ne réserve ce crédit aux salariés en CDI : un indépendant, un pensionné, un intérimaire, un étudiant ou un allocataire peut être accepté. La vraie condition est ailleurs : le prêteur doit vérifier votre solvabilité (art. VII.77 du Code de droit économique) et ne peut conclure que s’il estime raisonnablement que vous pourrez rembourser. Cette page passe en revue les conditions communes, puis ce que chaque profil doit démontrer.

Les conditions communes à tous les profils
Certaines conditions découlent directement de la loi, d’autres de la pratique des prêteurs. Les distinguer évite de renoncer trop vite ou, à l’inverse, d’espérer un accord impossible.
Ce que la loi impose
- Être un consommateur capable de contracter : une personne physique qui emprunte à des fins privées (art. I.1, 2° CDE) et juridiquement capable, donc majeure. Un mineur ne peut pas signer seul un contrat de crédit.
- Passer par une évaluation de solvabilité : avant toute offre, le prêteur examine vos revenus, vos charges et vos crédits en cours et constitue un dossier de crédit documenté (art. VII.77, § 1er).
- Accepter la consultation de la Centrale des crédits aux particuliers (CCP) de la Banque nationale. Elle est obligatoire ; le prêteur y voit vos crédits en cours et vos éventuels défauts de paiement.
- Ne pas avoir d’impayés non remboursés totalisant plus de 1 000 € enregistrés à la CCP pour un crédit à la consommation (ou un crédit hypothécaire à destination mobilière) : dans ce cas, aucun nouveau contrat ne peut être conclu (art. VII.77, § 2). Pour un impayé non régularisé d’un montant inférieur, le prêteur peut encore accepter, mais il doit motiver sa décision dans le dossier. Un défaut régularisé reste visible un an après le remboursement.
Ce que les prêteurs demandent en pratique
- Un domicile en Belgique et une pièce d’identité valide (carte d’identité ou titre de séjour).
- Un compte bancaire sur lequel verser le crédit et prélever les mensualités.
- Des revenus réguliers et prouvables : fiches de paie, avertissement-extrait de rôle, attestation de pension ou d’allocations. Wikifin rappelle qu’il faut déclarer tous ses revenus, y compris une pension alimentaire ou un revenu de remplacement.
- Une marge après charges : le prêteur ne regarde pas seulement si vos revenus dépassent la mensualité, mais s’il vous reste de quoi vivre une fois la mensualité payée.
La liste détaillée des justificatifs figure sur la page quels documents fournir pour un prêt personnel.
Conditions profil par profil
Le cadre légal est le même pour tout le monde. Ce qui change d’un profil à l’autre, c’est la manière de prouver la régularité des revenus et les points que le prêteur va examiner de plus près.
| Profil | Ce que le prêteur regarde | Pièces habituelles |
|---|---|---|
| Salarié en CDI | Salaire net, ancienneté, période d’essai terminée, charges du ménage | 3 dernières fiches de paie, extraits de compte récents |
| CDD ou intérimaire | Continuité des missions ou contrats sur les derniers mois, secteur d’activité | Fiches de paie de plusieurs mois, contrats successifs, attestation d’intérim |
| Indépendant ou profession libérale | Revenu net après cotisations et impôts, moyenne sur plusieurs exercices, ancienneté | Derniers avertissements-extraits de rôle, comptes annuels, extraits de compte pro |
| Pensionné | Pension (légale et complémentaire), âge à l’échéance, autres crédits | Fiche de pension ou extraits de compte, carte d’identité |
| Étudiant | Revenus propres (job étudiant) ; sinon, un co-emprunteur est en général nécessaire | Preuves de revenus propres, pièces du co-emprunteur le cas échéant |
| Allocataire (chômage, mutuelle, invalidité) | Caractère durable de l’allocation, montant restant après charges, absence d’autres dettes | Attestation de l’organisme payeur, extraits de compte |
| Non-résident ou frontalier | Domicile, pays d’imposition, compte belge, recouvrement possible | Preuve de domicile ou titre de séjour, revenus du pays concerné |
Salarié en CDI : le dossier le plus simple, pas un droit automatique
Un contrat à durée indéterminée rassure parce qu’il rend le revenu prévisible. Il ne dispense pas de l’analyse des charges : un salaire confortable avec plusieurs crédits en cours peut être refusé, là où un salaire plus modeste sans dette sera accepté.
CDD et intérim : prouver la continuité plutôt que le contrat
Ce que le prêteur cherche, c’est un historique. Plusieurs mois de missions enchaînées dans le même secteur, ou un CDD qui se renouvelle, pèsent plus qu’un contrat isolé. Une demande introduite en pleine mission, avec les fiches de paie des mois précédents, sera mieux lue qu’une demande entre deux contrats.
Indépendant : revenu net et moyenne sur plusieurs exercices
Le prêteur se base sur le revenu réellement disponible après cotisations sociales et impôts, généralement lissé sur deux ou trois exercices. Une activité récente est plus difficile à financer faute d’historique. Les particularités (rémunération de dirigeant, société, activité débutante) sont détaillées sur la page crédit pour indépendant et professions libérales.
Pensionné : la pension est un revenu régulier, l’âge est examiné
Une pension est un revenu stable, ce qui joue en faveur du dossier. En revanche, beaucoup de prêteurs fixent un âge maximal à l’échéance du contrat, ce qui peut limiter la durée et donc le montant ; l’âge seul ne peut toutefois pas justifier un refus, car c’est un critère protégé par la loi anti-discrimination (commentaire de Credit2Consumer sur l’art. VII.79). Une assurance solde restant dû peut être proposée : le prêteur ne peut pas vous imposer de la souscrire chez lui ou chez un assureur qu’il désigne (art. VII.87, § 1er), et si une assurance est une condition d’octroi, sa prime doit être comptée dans le TAEG (art. I.9, 41°).
Étudiant : des revenus propres ou un co-emprunteur
Être majeur suffit pour signer, mais pas pour être accepté. Sans revenus propres suffisants et réguliers, la solution passe le plus souvent par un co-emprunteur (un parent, par exemple), dont les revenus sont alors intégrés à l’analyse.
Allocataire : possible, mais la capacité de remboursement est limitée
Une allocation de chômage, une indemnité de mutuelle ou une pension d’invalidité est un revenu de remplacement que le prêteur peut prendre en compte. Il examinera surtout son caractère durable et ce qu’il reste après les charges du ménage. Aucun prêteur ne peut promettre un accord dans cette situation, et la publicité qui cible les personnes en difficulté financière est interdite (art. VII.65). Si le crédit sert à combler un manque structurel de revenus ou à rembourser d’autres dettes, il vaut mieux consulter d’abord un service de médiation de dettes agréé ou le CPAS de votre commune ; Wikifin recense où trouver de l’aide quand on a des dettes.
Non-résident et frontalier : la loi ne fixe pas de nationalité, la pratique fixe le domicile
Le Livre VII ne pose aucune condition de nationalité. En pratique, la plupart des prêteurs belges exigent un domicile en Belgique et un compte bancaire belge, parce qu’ils doivent pouvoir vérifier les revenus et, le cas échéant, recouvrer la créance. Un frontalier qui travaille en Belgique mais réside à l’étranger doit se renseigner auprès du prêteur avant d’introduire un dossier ; un résident belge qui travaille au Luxembourg introduit en général sa demande en Belgique comme tout résident, ses fiches de paie luxembourgeoises servant de justificatif de revenus. Les règles luxembourgeoises ne s’appliquent pas à un crédit conclu en Belgique.
Ce que le prêteur ne peut pas faire
- Accorder un crédit sans évaluer votre solvabilité ni consulter la CCP. Une publicité qui annonce un crédit « sans vérification » ou « sans enquête » est interdite (art. VII.65, § 2, 3°) et doit vous alerter.
- Vous refuser sans explication : en cas de refus, il doit vous communiquer sans frais le résultat de la consultation et l’identité des fichiers consultés (art. VII.79). Vos droits et les recours possibles sont détaillés sur la page prêt refusé en Belgique.
- Vous imposer un autre contrat (assurance, compte, placement) chez lui ou chez un tiers qu’il désigne comme condition du crédit ; c’est à lui de prouver que vous avez eu le libre choix (art. VII.87, § 1er).
- Cibler sa publicité sur les personnes qui ne peuvent plus faire face à leurs dettes, vanter la rapidité d’obtention ou inciter au regroupement de crédits (art. VII.65, § 1er).

Emprunter à deux, se porter caution, emprunter seul quand on est marié
Le co-emprunteur
Un co-emprunteur signe le contrat avec vous et est tenu au remboursement au même titre. Ses revenus s’ajoutent aux vôtres dans l’analyse, ce qui peut rendre acceptable un dossier trop juste seul. Il est lui aussi évalué et enregistré à la CCP : un co-emprunteur fiché fragilise le dossier au lieu de l’aider.
La caution
La caution ne reçoit pas l’argent mais garantit le remboursement si vous ne payez plus. La loi l’encadre : l’acte doit préciser le montant garanti, la caution ne répond que de ce montant augmenté des intérêts de retard, et le prêteur doit lui remettre gratuitement et au préalable un exemplaire du contrat de crédit (art. VII.109, § 1er). Le prêteur doit aussi évaluer la solvabilité de la caution et consulter la CCP à son sujet (art. VII.77, § 1er).
Marié : peut-on emprunter seul ?
Rien n’interdit à un époux de signer seul un prêt personnel, et le prêteur reste libre de demander ou non la signature du conjoint. La question porte sur qui répond de la dette. Quel que soit le régime matrimonial, les époux sont solidaires des dettes contractées pour les besoins du ménage et l’éducation des enfants. Sous le régime légal de communauté, une dette contractée par un seul époux dans l’intérêt du ménage est commune et peut être récupérée sur le patrimoine commun ; sous le régime de séparation de biens, les autres dettes n’engagent que celui qui les a contractées. Un crédit personnel pour un projet purement personnel reste donc, en séparation de biens, la dette de l’emprunteur seul. Wikifin conseille dans tous les cas d’informer son conjoint avant de s’endetter.
Exemple : quel montant pour un ménage à 2 600 € nets ?
Voici comment un prêteur peut raisonner. Les chiffres sont un exemple, pas une grille officielle : chaque prêteur applique sa propre politique d’acceptation.
| Poste | Montant mensuel |
|---|---|
| Revenus nets du ménage | 2 600 € |
| Loyer | − 850 € |
| Énergie, eau, télécoms | − 240 € |
| Crédit auto en cours | − 230 € |
| Assurances | − 70 € |
| Alimentation, transport, santé, imprévus | − 800 € |
| Marge disponible | 410 € |
Le ménage ne devrait pas engager toute sa marge : Wikifin recommande de garder une réserve pour les imprévus (maladie, perte d’emploi). En fixant la mensualité maximale à 250 €, on garde environ 160 € de sécurité. Avec un taux débiteur illustratif de 7 % l’an (hypothèse de calcul au 27 septembre 2026, pas une offre), et en respectant les durées maximales légales (48 mois pour 7 500 à 10 000 €, 60 mois pour 10 000 à 15 000 €) :
- 10 000 € sur 48 mois : mensualité de 239,46 €, coût total des intérêts 1 494,20 €. Le projet tient dans la limite de 250 €.
- 15 000 € sur 60 mois : mensualité de 297,02 €, intérêts 2 821,08 €. La mensualité dépasse la limite fixée : ce montant serait probablement refusé ou réduit.
- 12 500 € sur 60 mois : mensualité de 247,51 €, intérêts 2 350,90 €. C’est l’ordre de grandeur du montant maximal empruntable dans cet exemple.
Le TAEG réel d’une offre inclut les éventuels frais et se lit sur le SECCI remis avant la signature. Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Prochaine étape
- Faites votre propre calcul de marge, comme dans l’exemple ci-dessus, et fixez une mensualité que vous pouvez tenir même en cas d’imprévu.
- Vérifiez que la durée envisagée respecte le plafond légal pour le montant demandé, puis simulez la mensualité.
- Rassemblez les pièces correspondant à votre profil (tableau ci-dessus) avant d’introduire votre demande.
- Avant de signer, parcourez les vérifications à faire sur l’offre ; le déroulement complet du contrat est décrit sur la page comment fonctionne un prêt personnel.
Demander un crédit (Express Finance)
Online Credit oriente les demandes vers des prêteurs et intermédiaires partenaires ; toute demande reste soumise à l’évaluation de solvabilité du prêteur.
Sources
- Code de droit économique, art. VII.77 – évaluation de la solvabilité et consultation de la Centrale (Credit2Consumer, SPF Économie, consulté le 27 septembre 2026)
- Art. VII.77, § 2 et VII.79 – devoir de refuser le crédit et information en cas de refus (consulté le 27 septembre 2026)
- Art. VII.65 – pratiques publicitaires interdites (consulté le 27 septembre 2026)
- Art. VII.87 – services accessoires et libre choix de l’assurance (consulté le 27 septembre 2026)
- Art. VII.109 – formation du contrat de sûreté (caution) (consulté le 27 septembre 2026)
- Définitions du Code de droit économique – consommateur (I.1, 2°) et coût total du crédit (I.9, 41°) (consulté le 27 septembre 2026)
- Arrêté royal du 14 septembre 2016, art. 13 – délais maxima de remboursement (consulté le 27 septembre 2026)
- Banque nationale de Belgique – Tout savoir sur la Centrale des crédits aux particuliers (enregistrement, délais de conservation ; consulté le 27 septembre 2026)
- Banque nationale de Belgique – Consulter gratuitement ses données à la CCP (consulté le 27 septembre 2026)
- Wikifin (FSMA) – Combien êtes-vous capable de rembourser ? (mise à jour du 16 février 2026, consulté le 27 septembre 2026)
- Wikifin (FSMA) – Comment doivent être remboursées les dettes contractées par des époux ? (mise à jour du 11 mai 2026, consulté le 27 septembre 2026)
- Wikifin (FSMA) – Où trouver de l’aide quand vous avez des dettes ? (mise à jour du 11 mai 2026, consulté le 27 septembre 2026)









