- Il n’existe pas un taux de regroupement de crédits : le taux dépend de votre profil, du montant, de la durée, du type de crédits repris et de la date de l’offre. Seule l’offre écrite d’un prêteur (fiche SECCI) fixe un taux et un TAEG pour vous.
- Comparez le coût restant à payer sur vos crédits actuels avec le coût total du nouveau crédit, indemnités et frais compris. Comparer deux taux seuls peut tromper.
- Exemple illustratif : sur 15 000 € à rembourser en 48 mois, passer de 6 % à 10 % de taux nominal ajoute 1 351,68 € d’intérêts.
- Un taux plus bas ne rend pas toujours l’opération rentable : si la durée s’allonge trop, le coût total remonte. Dans notre exemple, le point mort se situe à 43 mois.
Sommaire
- Ce qui fait varier le taux d’un regroupement de crédits
- Taux nominal, TAEG et coût total : ne pas les confondre
- Exemple : le même capital à trois taux différents
- Taux plus bas, durée plus longue : où est le point mort ?
- Comparer le nouveau taux à vos taux actuels
- Les taux maximaux légaux
- Si vos remboursements deviennent difficiles
- Questions fréquentes
- Sources officielles et à lire aussi

Ce qui fait varier le taux d’un regroupement de crédits
Regrouper (ou « racheter ») des crédits consiste à les rembourser avec un nouveau crédit unique. Ce guide vise les crédits à la consommation en Belgique (prêts à tempérament, ouvertures de crédit, cartes de crédit). Le taux proposé n’est pas identique pour tout le monde. Plusieurs éléments jouent :
Le montant et la durée
Le prêteur fixe son taux en fonction du capital à financer et du nombre de mensualités. La loi encadre aussi la durée maximale selon le montant (arrêté royal du 14 septembre 2016) : 60 mois au plus pour un crédit de 10 000,01 à 15 000 €, par exemple.
Votre profil
Revenus, stabilité de la situation professionnelle, charges, autres crédits en cours et historique de remboursement entrent dans l’analyse. Le prêteur consulte la Centrale des crédits aux particuliers (Banque nationale de Belgique) avant de décider.
Le type de crédits repris
Les taux d’une carte de crédit ou d’une ouverture de crédit peuvent être plus élevés que ceux d’un prêt à tempérament. Les remplacer par un crédit à taux fixe plus bas peut réduire le coût, à condition de comparer le total à payer.
Taux fixe ou taux variable
Un taux fixe est stable pendant la durée convenue. Un taux variable peut évoluer : le coût final est alors moins prévisible. Vérifiez à quelle fréquence et selon quelle règle il peut changer.
L’existence d’une garantie
Un crédit garanti (par exemple par une hypothèque) peut s’accompagner d’un taux différent d’un crédit sans garantie, mais il fait courir un risque sur le bien donné en garantie. Transformer des dettes à la consommation en dette garantie par le logement est une décision lourde, à comparer soigneusement. Aucun chiffre n’est avancé ici : chaque prêteur fixe le sien.
La date de l’offre
Les taux évoluent avec le marché et la politique de chaque prêteur. Un taux lu il y a plusieurs mois n’est pas un repère fiable aujourd’hui.
Taux nominal, TAEG et coût total : ne pas les confondre
Un simulateur affiche en général cinq informations : le montant, la durée, le TAEG, la mensualité et le coût total. Chacune a son rôle.
- Le taux nominal (ou débiteur) sert à calculer les intérêts. À lui seul, il ne dit rien des frais.
- Le TAEG (taux annuel effectif global) regroupe le taux et les frais obligatoires du crédit. C’est le taux à comparer entre deux offres, pour des montants et des durées identiques.
- La mensualité dépend du capital, du taux et de la durée. Elle peut baisser alors que le coût augmente.
- Le coût total (mensualités × nombre de mois, moins le capital) est le chiffre qui permet de décider.
Pour l’offre définitive, la fiche d’informations européennes normalisées (SECCI, article VII.70 du Code de droit économique) reprend ces éléments de façon comparable d’un prêteur à l’autre. Une simulation en ligne n’a pas cette valeur.
Exemple : le même capital à trois taux différents
Hypothèses au 29/09/2026 : 15 000 € à rembourser en 48 mois, crédit à taux fixe, sans frais autres que les intérêts. Les mensualités sont arrondies au centime, et le coût total des intérêts est égal à la mensualité multipliée par 48, moins 15 000 €. Le TAEG indiqué est celui qui correspondrait au taux nominal en l’absence de frais.
| Taux nominal (TAEG sans frais) | Mensualité | Intérêts sur 48 mois | Total à rembourser |
|---|---|---|---|
| 6 % (6,17 %) | 352,28 € | 1 909,44 € | 16 909,44 € |
| 8 % (8,30 %) | 366,19 € | 2 577,12 € | 17 577,12 € |
| 10 % (10,47 %) | 380,44 € | 3 261,12 € | 18 261,12 € |
Ce que cela montre : quatre points de taux séparent 6 % et 10 %, soit 28,16 € par mois, mais 1 351,68 € sur toute la durée. La mensualité varie peu ; le coût total, lui, varie nettement.
Taux plus bas, durée plus longue : où est le point mort ?
Pour alléger la mensualité, on allonge souvent la durée. L’effet sur le coût est direct. Même capital (15 000 €) et même taux nominal (8 %, soit un TAEG de 8,30 % en l’absence de frais), seule la durée change :
| Durée | Mensualité (TAEG 8,30 %) | Intérêts | Total à rembourser |
|---|---|---|---|
| 36 mois | 470,05 € | 1 921,80 € | 16 921,80 € |
| 48 mois | 366,19 € | 2 577,12 € | 17 577,12 € |
| 60 mois | 304,15 € | 3 249,00 € | 18 249,00 € |
Passer de 36 à 60 mois réduit la mensualité de 165,90 €, mais ajoute 1 327,20 € d’intérêts.
Un taux plus bas compense-t-il une durée plus longue ?
Prenons un crédit actuel de 15 000 € restant dû, à 9 % et 36 mois restants (mensualité de 477,00 €, soit 2 172,00 € d’intérêts encore à payer). On le remplace par un nouveau crédit à 7 % (TAEG sans frais : 7,23 %). On ajoute une indemnité de remboursement anticipé supposée égale au maximum légal de 1 % du capital remboursé, soit 150 €, financée par le nouveau crédit (15 150 € à emprunter). Cette indemnité n’est due que si le prêteur actuel la prévoit ; sa communication est prévue à l’article VII.97 du Code.
| Nouvelle durée | Mensualité (TAEG 7,23 %) | Coût total, indemnité comprise | Écart avec le crédit actuel (2 172,00 €) |
|---|---|---|---|
| 36 mois | 467,79 € | 1 840,44 € | − 331,56 € |
| 42 mois | 407,75 € | 2 125,50 € | − 46,50 € |
| 48 mois | 362,79 € | 2 413,92 € | + 241,92 € |
| 60 mois | 299,99 € | 2 999,40 € | + 827,40 € |

Comparer le nouveau taux à vos taux actuels
La comparaison utile se fait sur le reste à payer, pas sur le taux affiché de chaque contrat. Pour chaque crédit en cours, rassemblez :
- le capital restant dû et le nombre de mensualités restantes ;
- la mensualité, le taux débiteur et le type de taux (fixe ou variable) ;
- le décompte de remboursement anticipé demandé par écrit à votre prêteur ;
- pour le nouveau crédit : TAEG, taux débiteur, frais, durée et assurances éventuelles.
Calculez ensuite le coût restant de chaque crédit (mensualité × mois restants − capital restant dû) et additionnez-les. Comparez ce total au coût du nouveau crédit, indemnités comprises. Si le nouveau coût n’est pas nettement inférieur, ou si la mensualité baisse uniquement parce que la durée s’allonge, l’opération n’améliore pas votre situation.
Quelques règles à connaître, prévues par le Code de droit économique :
- Vous pouvez rembourser un crédit par anticipation, en tout ou en partie, à tout moment (article VII.96). Un préavis par envoi recommandé d’au moins dix jours est prévu.
- L’indemnité ne peut dépasser 1 % du capital remboursé (0,5 % s’il reste un an ou moins) et aucune indemnité ne peut être réclamée pour une ouverture de crédit ni pendant une période à taux non fixe (article VII.97).
- Après la signature, vous disposez d’un droit de renonciation de 14 jours calendrier (article VII.83).
Pour aller plus loin : lire les résultats d’une simulation de regroupement, comprendre le coût d’un regroupement et comprendre le rachat de crédit : coût réel, étapes et exemple.
Les taux maximaux légaux
En crédit à la consommation, le TAEG est plafonné. L’article VII.94 du Code de droit économique charge le Roi de fixer les taux annuels effectifs globaux maximaux selon le type, le montant et éventuellement la durée du crédit. Les plafonds chiffrés figurent dans des textes d’exécution, qui sont révisés : consultez la page du SPF Économie pour le chiffre en vigueur le jour de votre demande. Aucun plafond chiffré n’est repris ici, faute d’avoir pu lire une source à jour.
Un taux sous le plafond n’est pas pour autant avantageux : le plafond est une limite légale, pas un repère de prix.
Si vos remboursements deviennent difficiles
Si vous avez du mal à payer vos mensualités, ou si des retards apparaissent, regrouper des crédits n’est pas forcément la réponse : cela peut allonger la dette et augmenter son coût. Prenez d’abord contact avec un service d’aide indépendant.
- le CPAS de votre commune et ses services de médiation de dettes ;
- un service de médiation de dettes ou un centre d’aide reconnu de votre région ;
- le service de médiation Ombudsfin, pour un litige avec un prêteur ou un intermédiaire ;
- le SPF Économie, pour vos droits de consommateur en matière de crédit.
Wikifin, le site d’éducation financière de la FSMA, propose une page pour savoir où trouver de l’aide en cas de problèmes de remboursement.
Questions fréquentes sur le taux d’un regroupement de crédits
Quel est le taux d’un regroupement de crédits ?
Il n’existe pas de taux unique. Chaque prêteur fixe le sien selon votre profil, le montant, la durée et le type de crédits repris. Seule l’offre personnalisée, avec sa fiche SECCI, indique le taux et le TAEG qui vous concernent.
Le taux d’un regroupement est-il plus élevé que celui d’un crédit classique ?
Pas nécessairement, mais rien ne le garantit dans un sens ni dans l’autre. Le taux dépend du même type de critères que pour tout crédit à la consommation. L’important est de comparer le coût total avec celui de vos crédits actuels.
Faut-il comparer le taux nominal ou le TAEG ?
Le TAEG, car il intègre les frais obligatoires. Comparez-le pour des montants et des durées identiques, puis vérifiez le coût total en euros.
Une mensualité plus basse veut-elle dire un taux plus bas ?
Non. Une mensualité plus basse vient souvent d’une durée plus longue, ce qui augmente le coût total. Voir l’exemple de la section sur le point mort.
Que faire si je suis en difficulté pour rembourser ?
Contactez d’abord le CPAS de votre commune ou un service de médiation de dettes. Un nouveau crédit peut aggraver la situation si les difficultés persistent.










