regroupement de crédit
En bref

Un regroupement (ou rachat) de crédits consiste à conclure un nouveau crédit dont le montant sert à rembourser un ou plusieurs crédits en cours. Le dossier suit en général six étapes : faire le bilan de ses crédits, demander des offres comparables, lire la fiche d’information (SECCI), signer, laisser courir le délai de rétractation de 14 jours, puis vérifier que les anciens crédits sont bien clôturés.

Chaque étape est encadrée par le Livre VII du Code de droit économique. Ce qui n’y figure pas, comme la durée réelle d’une demande ou le versement direct aux anciens créanciers, dépend du prêteur : il faut le vérifier dans les documents remis.

Homme qui abaisse ses lunettes, surpris, devant son ordinateur portable posé sur une table en bois

Les six étapes d’un regroupement de crédits

1. Le bilan

Lister chaque crédit : capital restant dû, taux, mensualité, date de fin, conditions de remboursement anticipé.

2. Les offres

Demander des offres sur la même base (montant, durée) pour pouvoir les comparer, et recevoir le SECCI de chacune.

3. L’analyse de la demande

Le prêteur évalue la solvabilité et consulte la Centrale des crédits aux particuliers (CCP) de la Banque nationale de Belgique.

4. La signature

Le contrat est conclu par signature manuscrite ou électronique. Le délai de rétractation de 14 jours commence à courir.

5. Le remboursement des anciens crédits

Les crédits visés sont soldés, selon les modalités prévues dans l’offre : versement au prêteur d’origine ou, à défaut, remboursement par vos soins.

6. La vérification

Obtenir la confirmation que chaque ancien crédit est clôturé et contrôler l’enregistrement à la CCP.

Le détail de chaque étape est développé ci-dessous. Pour savoir s’il vaut mieux conserver ou racheter ses crédits, consultez notre page rachat de crédit : garder ses prêts ou les regrouper.

Étape 1 : faire le bilan de ses crédits

Avant toute demande, rassemblez pour chaque crédit en cours : le capital restant dû, le taux, la mensualité, la date de fin et la clause de remboursement anticipé. Les tableaux d’amortissement ou un décompte demandé au prêteur donnent le solde exact.

Notez aussi ce qui ne doit pas être regroupé. Tous les crédits ne se prêtent pas au rachat : un crédit à taux avantageux ou presque terminé peut coûter plus cher une fois inclus dans un nouveau crédit plus long. Notre page sur le coût d’un rachat de crédits explique comment le mesurer.

Le budget mensuel compte autant que les crédits eux-mêmes. Un prêteur évalue la capacité de remboursement à partir des revenus et des charges ; il est utile de le faire soi-même avant de solliciter une offre. Voir aussi la solvabilité pour un prêt personnel.

Étape 2 : demander des offres et lire le SECCI

Pour comparer, demandez des offres portant sur le même montant et la même durée. Le prêteur (et l’éventuel intermédiaire) doit vous remettre, en temps utile avant que vous soyez lié par un contrat ou une offre, une information personnalisée sur support durable : la fiche « Informations européennes normalisées en matière de crédit aux consommateurs », le SECCI (article VII.70 du Livre VII du Code de droit économique).

Ce document reprend notamment :

  • le type de crédit, le montant et la durée ;
  • le taux débiteur et le TAEG, avec un exemple représentatif et le montant total dû ;
  • le nombre et le montant des mensualités ;
  • les frais éventuels (dossier, notaire, assurance exigée pour obtenir le crédit) ;
  • le taux applicable en cas de retard et l’avertissement sur les conséquences d’un impayé ;
  • l’existence du droit de rétractation et du droit de remboursement anticipé ;
  • le cas échéant, le délai pendant lequel le prêteur est lié par ces informations.

Vous pouvez aussi demander un exemplaire du projet de contrat sans frais. Pour lire les chiffres, notre page comment lire une simulation de regroupement détaille le TAEG et le coût total ; celle sur les taux d’un regroupement explique ce qui les fait varier.

L’analyse de la demande et la Centrale des crédits

Avant de conclure, le prêteur évalue la solvabilité et consulte la Centrale des crédits aux particuliers (CCP), tenue par la Banque nationale de Belgique. Cette consultation est prévue par le Livre VII. En cas de refus, le prêteur doit vous communiquer sans délai et sans frais le résultat de la consultation et l’identité du responsable du fichier consulté (article VII.79). Vous pouvez faire rectifier gratuitement des données erronées (article VII.122).

Un refus n’est pas un jugement définitif sur votre situation. Notre page refus de prêt en Belgique détaille les démarches possibles.

Étape 3 : signature et délai de rétractation

Le contrat de crédit est conclu par signature manuscrite ou électronique (article VII.78). Il n’existe pas de « délai de réflexion » général pour le crédit à la consommation : la protection prévue par la loi est le droit de rétractation.

Ce droit permet de renoncer au contrat, sans donner de motif, pendant 14 jours (article VII.83). Le délai court à partir de la conclusion du contrat, ou à partir du jour où vous recevez les conditions contractuelles si cette date est postérieure. Vous notifiez votre renonciation au prêteur par envoi recommandé ou par tout autre support accepté par lui ; le délai est respecté si l’envoi est fait avant son expiration.

À savoir. Si vous vous rétractez, vous devez rembourser le capital prélevé et les intérêts courus, au plus tard 30 jours calendaires après l’envoi de la notification. Si les anciens crédits ont déjà été soldés, il vous faut donc pouvoir restituer le capital. Vérifiez ce point avant de signer. Ce droit ne s’applique pas aux crédits que le Livre VII oblige à conclure devant notaire, dans les conditions prévues à l’article VII.83 § 5.

Étape 4 : le remboursement des anciens crédits

L’objet du regroupement est de solder les crédits visés. Selon le prêteur, les fonds sont versés directement aux anciens créanciers ou vous sont remis pour que vous les remboursiez. Le Livre VII ne fixe pas de mode unique : lisez l’offre et demandez la réponse par écrit.

Pour chaque ancien crédit, le remboursement anticipé suit les articles VII.96 et VII.97 :

  • le prêteur peut réclamer une indemnité équitable et justifiée, plafonnée à 1 % du capital remboursé si plus d’un an sépare le remboursement de la fin du contrat, et à 0,5 % si ce délai ne dépasse pas un an ;
  • l’indemnité ne peut jamais dépasser les intérêts que vous auriez payés jusqu’à la fin du contrat ;
  • aucune indemnité n’est due pour une ouverture de crédit, ni pour un remboursement effectué pendant une période où le taux débiteur n’est pas fixe ;
  • le prêteur vous communique le montant de l’indemnité et son calcul sur support durable, dans les dix jours.

Le contrat d’origine peut prévoir un préavis : vérifiez-le pour ne pas payer deux fois des intérêts en parallèle. Les deux crédits (ancien et nouveau) coexistent jusqu’au solde effectif.

Homme en costume assis sur un muret, un ordinateur portable sur les genoux, avec un pont et des voitures en arrière-plan

Après le remboursement

  • Demandez à chaque ancien prêteur une attestation de solde ou de clôture.
  • Vérifiez que les mensualités des anciens crédits ne sont plus prélevées.
  • Contrôlez ensuite votre situation à la CCP : vous pouvez consulter vos données auprès de la Banque nationale de Belgique via la page Centrale des crédits aux particuliers.

Exemple : calendrier et indemnité de remboursement anticipé

Exemple illustratif au 29/09/2026, avec des hypothèses volontairement simples. Il ne correspond à aucune offre.

Calendrier de la rétractation

Contrat signé le lundi 5 octobre 2026, conditions reçues le même jour. Le délai de 14 jours prend fin le lundi 19 octobre 2026 : l’envoi recommandé doit partir au plus tard ce jour-là (le jour de la signature n’est pas compté ; par prudence, envoyez-le plutôt avant).

Indemnité maximale (VII.97)

Ancien crédit à taux fixe, capital remboursé : 4 000 €.
Plus d’un an avant la fin : au maximum 40 € (1 %).
Un an ou moins avant la fin : au maximum 20 € (0,5 %).
Ces plafonds peuvent être encore plus bas si les intérêts restant à courir sont inférieurs.

Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent. Comparez toujours le coût total et le TAEG du nouveau crédit avec ce que vous payez encore sur les anciens, voir le coût d’un rachat de crédits.

Points de vigilance et faux intermédiaires

  • Durée allongée : une mensualité plus basse peut cacher un coût total plus élevé.
  • Frais et assurance : vérifiez qu’ils figurent dans le TAEG et le SECCI.
  • Prêteur ou intermédiaire ? Un intermédiaire de crédit doit vous informer de sa qualité (article VII.73). Demandez son numéro d’entreprise, présent dans le SECCI.
  • Refusez toute avance : une demande de paiement avant l’octroi du crédit doit vous alerter.
  • Vérifiez l’identité : la FSMA publie des informations sur les intermédiaires en services bancaires et d’investissement. En cas de doute, contactez le SPF Économie via son espace consacré au crédit à la consommation.

Le prêteur doit aussi fournir des explications adéquates pour vérifier que le crédit est adapté à vos besoins (article VII.74). Posez vos questions avant de signer.

En cas de difficultés de remboursement

Si vos mensualités deviennent difficiles à payer, un nouveau crédit n’est pas toujours la bonne réponse. Un service de médiation de dettes, souvent accessible via le CPAS de votre commune, peut examiner votre situation ; renseignez-vous sur les conditions d’accès. Le SPF Économie détaille les démarches sur sa page surendettement. En cas de litige avec un prêteur ou un intermédiaire, le service de médiation Ombudsfin peut être saisi.

Questions fréquentes

Combien de temps prend un regroupement de crédits ?

La durée dépend du prêteur, de la complétude du dossier et de la vérification de la solvabilité. Aucune durée n’est garantie : elle doit être confirmée par le prêteur.

Peut-on garder certains crédits ?

Oui, le regroupement peut être partiel. Ce qui compte est de comparer le coût de chaque crédit conservé avec celui du regroupement.

Que se passe-t-il si le prêteur refuse ?

Il doit communiquer sans délai et sans frais le résultat de la consultation de la CCP et l’identité du responsable du fichier. Aucune indemnité ne peut vous être réclamée, sauf les frais de consultation de la Centrale payés par le prêteur (article VII.79).

Peut-on renoncer après la signature ?

Oui, pendant 14 jours à compter de la conclusion du contrat ou de la réception des conditions si elle est postérieure (article VII.83).

Faut-il payer un intermédiaire avant d’obtenir le crédit ?

Une demande de paiement avant l’octroi doit inciter à la prudence. Vérifiez l’identité de l’intermédiaire et lisez le SECCI.

Sources : Livre VII du Code de droit économique (SPF Économie), Banque nationale de Belgique, CCP. Contenu vérifié le 29/09/2026 ; des modifications du Livre VII sont annoncées : reportez-vous aux textes en vigueur.

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