regroupement de crédit
En bref

Une demande de regroupement de crédits se prépare avant tout par les chiffres : pour chaque crédit en cours, il faut connaître le capital restant dû, le taux, la date de fin et le montant de l’indemnité de remboursement anticipé. Le prêteur ne peut réclamer, pour un crédit à la consommation à taux fixe, qu’une indemnité plafonnée à 1 % du capital remboursé (0,5 % s’il reste un an ou moins).

Ensuite, comparez le coût total avant et après, pas seulement la mensualité : allonger la durée fait baisser la mensualité mais peut faire monter le coût. Ce texte décrit la préparation du dossier ; il ne recommande pas de regrouper et ne constitue pas une offre.

Deux personnes autour d’une table avec un ordinateur portable et des documents papier, lors de l’examen d’un dossier de crédit

Avant de faire la demande : regrouper est-il utile ?

Regrouper, c’est conclure un nouveau crédit dont le montant sert à solder d’autres crédits. Ce n’est ni un droit ni une solution adaptée à chaque budget : le prêteur évalue lui-même votre solvabilité et peut refuser. Pour savoir si l’opération a un sens dans votre cas, lisez d’abord notre page sur le rachat de crédit en Belgique : fonctionnement, coût réel et étapes.

Cette page-ci se concentre sur la préparation du dossier. Le déroulement de la procédure, de l’offre à la clôture des anciens crédits, est décrit dans comment se déroule un regroupement de crédits.

Les documents à réunir

La liste exacte dépend du prêteur ou du courtier : demandez-la-lui avant d’engager la moindre démarche. On retrouve en général les pièces suivantes.

Identité et situation

Carte d’identité, composition de ménage, situation professionnelle et contrat de travail ou preuve d’autres revenus.

Revenus

Fiches de paie ou preuves de revenus récentes, dernier avertissement-extrait de rôle, allocations éventuelles.

Charges

Loyer ou mensualité hypothécaire, pensions alimentaires, autres charges régulières. Le prêteur compare vos revenus à l’ensemble de vos charges.

Un dossier par crédit à regrouper

Contrat, tableau d’amortissement, dernier extrait indiquant le solde, numéro de contrat et coordonnées du prêteur. Pour une carte ou une ouverture de crédit, le dernier relevé.

Extraits de compte

Quelques mois d’extraits pour vérifier que les mensualités de chaque crédit sont bien celles que vous annoncez.

Les chiffres à obtenir de chaque prêteur

Pour comparer honnêtement, il faut le solde exact de chaque crédit à la date prévue du remboursement, et non une estimation tirée d’un tableau d’amortissement. Demandez par écrit à chaque prêteur :

  • le capital restant dû à la date de remboursement envisagée ;
  • le taux débiteur en cours et s’il est fixe ou variable ;
  • la date de fin convenue (elle détermine le plafond d’indemnité) ;
  • le montant de l’indemnité de remboursement anticipé, avec son calcul ;
  • le montant total à verser pour solder le crédit, et l’adresse ou le compte de paiement.

Le Livre VII du Code de droit économique encadre ces points :

  • le consommateur peut rembourser par anticipation, en tout ou en partie, à tout moment (art. VII.96) et a droit à une réduction du coût total correspondant aux intérêts et frais de la durée restante ;
  • il avise le prêteur par envoi recommandé, au moins dix jours avant le remboursement (art. VII.96) ;
  • le prêteur peut stipuler une indemnité équitable, plafonnée à 1 % du capital remboursé si plus d’un an sépare le remboursement de la fin du contrat, et à 0,5 % s’il reste un an ou moins (art. VII.97) ;
  • il communique le montant de l’indemnité, avec son calcul, sur support durable, dans les dix jours de la réception de votre lettre ou des sommes (art. VII.97) ;
  • aucune indemnité n’est due notamment pour une ouverture de crédit, ou si le remboursement intervient pendant une période où le taux débiteur n’est pas fixe (art. VII.97, § 2).

À vérifier à la date de votre demande. Ces règles concernent le crédit à la consommation ; un crédit hypothécaire suit d’autres règles et son contrat prévoit ses propres conditions. Le texte du Livre VII a été relu le 28/09/2026 ; des modifications de ce livre sont annoncées à partir du 20/11/2026 (loi du 20 juillet 2026) : vérifiez la version en vigueur au moment de votre demande.

Exemple chiffré : trois crédits regroupés

Exemple illustratif au 28/09/2026. Trois crédits à taux fixe, dont l’indemnité de remboursement anticipé est supposée réclamée au maximum légal. Les taux sont des hypothèses, pas des offres.

Crédit en coursCapital restant dûMensualité (restant)Indemnité maximale
A. Prêt personnel, 9 %, 36 mois restants6 000 €190,80 € (36 mois)60,00 € (1 %)
B. Prêt auto, 7 %, 30 mois restants9 000 €327,89 € (30 mois)90,00 € (1 %)
C. Prêt à tempérament, 11 %, 10 mois restants2 500 €262,78 € (10 mois)12,50 € (0,5 %)
Total17 500 €781,47 €162,50 €

Intérêts restant à payer si l’on ne touche à rien : 1 833,30 €, avec une mensualité cumulée de 781,47 € qui diminue à mesure que les crédits s’éteignent (le crédit C se termine au bout de 10 mois).

Regroupement supposé : nouveau crédit de 17 662,50 € (17 500 € de capital + 162,50 € d’indemnités financées), taux débiteur de 8 % (TAEG d’environ 8,30 % hors frais éventuels), sans frais de dossier ni assurance. Selon l’arrêté royal du 14 septembre 2016, la durée maximale pour un montant compris entre 15 000,01 et 20 000 € est de 84 mois.

Durée du nouveau créditMensualitéIntérêtsCoût total (intérêts + indemnités)
Situation actuelle (durées restantes)781,47 € au départ1 833,30 €1 833,30 €
36 mois553,48 €2 262,78 €2 425,28 €
60 mois358,13 €3 825,30 €3 987,80 €
84 mois275,29 €5 461,86 €5 624,36 €

Méthode : mensualité arrondie au centime, multipliée par la durée, moins le capital. Sur cet exemple, la mensualité tombe de 781,47 € à 358,13 € avec 60 mois, mais le coût total passe de 1 833,30 € à 3 987,80 €. Même sur 36 mois, il reste supérieur : le taux supposé de 8 % est proche de la moyenne pondérée des taux actuels (environ 8,3 %), le crédit C n’avait plus que 10 mois à courir, et les indemnités s’ajoutent. Un regroupement soulage un budget mensuel ; il n’est pas une économie par nature.

Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent. Ces chiffres sont des simulations fondées sur des hypothèses. Votre situation, les taux et les frais réels diffèrent.

Comparer le coût total avant et après

Une comparaison n’a de valeur que si elle porte sur les mêmes grandeurs. Pour chaque scénario, notez :

  • le coût total restant : somme des intérêts à payer jusqu’à la fin de chaque crédit actuel, contre intérêts + frais + indemnités du nouveau crédit ;
  • la durée : un nouveau crédit à 84 mois contre des crédits qui s’éteignent en 10, 30 et 36 mois ne se compare pas à durée égale ;
  • le TAEG, qui intègre les frais obligatoires, et le taux débiteur, fixe ou variable ;
  • les frais annexes : dossier, assurance solde restant dû éventuelle, commission d’un intermédiaire ;
  • la mensualité, en dernier, pour vérifier qu’elle reste supportable avec vos autres charges.

Le prêteur doit vous remettre une fiche d’information standardisée (SECCI) pour chaque offre (art. VII.70) : c’est le document qui permet de comparer plusieurs offres à montant et durée identiques. Pour lire un résultat de calcul, voir aussi comment lire une simulation de regroupement ; pour le détail des frais, le coût d’un regroupement ; et pour le rôle du taux, ce qui fait varier le taux.

Calculatrice et stylo posés sur un relevé chiffré, pour comparer le coût total de plusieurs crédits

Les questions à poser au prêteur ou au courtier

Qui prête l’argent ?

Un courtier ou intermédiaire n’est pas le prêteur. Demandez le nom du prêteur, la rémunération éventuelle de l’intermédiaire et vérifiez son inscription sur le site de la FSMA.

Quels crédits sont pris en compte ?

Tous les crédits ne se regroupent pas (crédit lié à un bien, carte, crédit hypothécaire). Demandez ceux qui sont acceptés et ceux qu’il vaut mieux conserver.

Le nouveau crédit inclut-il les indemnités ?

Si oui, elles augmentent le capital emprunté et donc les intérêts. Demandez le décompte exact.

Qui rembourse les anciens crédits ?

Versement direct par le nouveau prêteur ou paiement par vos soins : c’est écrit dans l’offre. Demandez à quelle date, et une preuve de clôture de chaque crédit.

Quel est le coût total à durée égale ?

Demandez aussi une variante sur une durée proche de celle des crédits actuels, pas seulement la mensualité la plus basse.

Que se passe-t-il pour l’assurance ?

Si un crédit soldé comportait une assurance, demandez ce qu’il advient de la prime, et quelles assurances le nouveau crédit impose.

L’offre, la rétractation et la Centrale des crédits

Avant de signer, relisez le SECCI et le contrat : montant, durée, taux, TAEG, mensualité, coût total, indemnités incluses, modalités de remboursement des anciens crédits. Le contrat est conclu par signature manuscrite ou électronique (art. VII.78).

Le consommateur dispose de 14 jours pour renoncer au contrat de crédit, sans donner de motif (art. VII.83). La notification se fait par envoi recommandé ou autre support accepté par le prêteur. Attention : si le nouveau crédit a déjà été versé, il faut rembourser le capital et les intérêts courus au plus tard 30 jours après la notification. Avant de signer, demandez donc ce qui se passe pour les anciens crédits déjà soldés si vous vous rétractez.

Les crédits à la consommation sont enregistrés à la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale de Belgique. Après le regroupement, vérifiez que les anciens crédits y apparaissent comme terminés. Tout consommateur peut exercer ses droits d’accès et de rectification sur les données qui le concernent (art. VII.122) ; en cas de refus, le prêteur doit communiquer le résultat de la consultation d’un fichier (art. VII.79).

Les erreurs à éviter

  • Ne regarder que la mensualité. Elle baisse quand la durée s’allonge ; le coût total, lui, peut fortement augmenter (voir l’exemple ci-dessus).
  • Utiliser un solde approximatif. Sans décompte écrit de chaque prêteur, le montant à regrouper est faux.
  • Oublier le préavis. Le remboursement anticipé se signale par recommandé au moins dix jours avant.
  • Regrouper un crédit peu coûteux. Un crédit à faible taux ou presque terminé n’a pas toujours sa place dans l’opération.
  • Accepter la première offre sans la comparer. Demandez des offres sur la même base (montant, durée) pour pouvoir les comparer.
  • Ajouter une nouvelle dépense au regroupement. Emprunter en plus pour un achat augmente le capital et la durée.
  • Signer avant d’avoir tout compris. Un document illisible ou un prêteur qui se dérobe aux questions est un signal d’arrêt.

Les alternatives au regroupement

  • Négocier avec le prêteur actuel : demander un taux plus bas ou un aménagement du contrat. Voir négocier son prêt personnel.
  • Demander un rééchelonnement : certains prêteurs acceptent de modifier la durée ou la mensualité d’un seul crédit, ce qui évite de tout regrouper.
  • Rembourser en partie : un remboursement partiel réduit les intérêts futurs (art. VII.96).
  • Revoir son budget avant d’emprunter à nouveau.

Si vous ne parvenez plus à payer vos crédits, un nouveau crédit n’est en général pas la première étape. Contactez d’abord le CPAS de votre commune ou un service de médiation de dettes, qui peuvent examiner l’ensemble de votre situation. Si un litige oppose un consommateur à un établissement financier, Ombudsfin peut être saisi. Le SPF Économie publie aussi des informations sur le crédit à la consommation.

Questions fréquentes

Quels documents faut-il pour demander un regroupement de crédits ?

En général : pièce d’identité, preuves de revenus et de charges, contrats ou tableaux d’amortissement de chaque crédit et un décompte de solde. La liste précise dépend du prêteur.

Faut-il prévenir chaque prêteur avant de solder un crédit ?

Le consommateur avise le prêteur par envoi recommandé au moins dix jours avant le remboursement (art. VII.96). Le prêteur indique ensuite le montant de l’indemnité éventuelle.

Quelle est l’indemnité maximale pour un remboursement anticipé ?

Pour un crédit à la consommation à taux fixe : 1 % du capital remboursé si plus d’un an reste à courir, 0,5 % sinon, et jamais plus que les intérêts qui auraient été dus (art. VII.97). Aucune indemnité pour une ouverture de crédit.

Peut-on renoncer après avoir signé ?

Oui, dans les 14 jours (art. VII.83), avec l’obligation de rembourser le capital et les intérêts courus si les fonds ont été versés.

Un regroupement coûte-t-il toujours moins cher ?

Non. Dans l’exemple ci-dessus, le coût total est plus élevé que la situation actuelle pour les trois durées testées (36, 60 et 84 mois). Comparez le coût total, pas la mensualité.

Un regroupement est-il possible avec un crédit hypothécaire ?

Un crédit hypothécaire suit d’autres règles et d’autres coûts. Demandez le décompte à l’établissement concerné et comparez avant toute décision ; cette page traite du crédit à la consommation.

Sources