Avant de regrouper vos crédits, demandez d’abord à votre prêteur actuel ce qu’il peut changer : le taux, la durée, les frais et, si vous remboursez par anticipation, l’indemnité. Il n’est pas obligé d’accepter, mais un refus écrit ne coûte rien et fixe un point de comparaison.
- L’indemnité de remboursement anticipé d’un crédit à la consommation est plafonnée à 1 % du capital remboursé (0,5 % s’il reste un an ou moins), et jamais au-delà des intérêts restants (art. VII.97 du Livre VII du Code de droit économique).
- Comparez chaque offre avec sa fiche d’informations européennes normalisées (SECCI, art. VII.70) : taux, TAEG, durée, montant total dû.
- Allonger la durée baisse la mensualité mais augmente presque toujours le coût total : dans l’exemple ci-dessous, regrouper sur 60 mois plutôt que 30 coûte 1 552,50 € de plus.

Dans cet article
- Négocier d’abord, regrouper ensuite
- Ce que vous pouvez demander à votre prêteur
- L’indemnité de remboursement anticipé
- Quels arguments présenter
- Comparer plusieurs offres : SECCI et TAEG
- Exemple chiffré : renégocier ou regrouper ?
- Les pièges à éviter
- Quand renoncer, et où trouver de l’aide
- Questions fréquentes
- Sources
Négocier d’abord, regrouper ensuite
Regrouper des crédits, c’est en rembourser plusieurs par un nouveau crédit unique. C’est une opération financière à part entière, avec ses frais, une nouvelle durée et un nouveau taux. Le rachat de crédit en Belgique peut être utile dans certains cas, mais il n’est pas toujours la meilleure réponse à un budget serré.
Le bon réflexe consiste à comparer trois options avec les mêmes chiffres : garder ses crédits tels quels, renégocier avec son prêteur actuel, ou regrouper auprès d’un autre prêteur. Négocier en premier vous donne des informations concrètes : le taux que votre prêteur accepterait, le montant exact de l’indemnité, les frais réclamés.
Ce texte est une information générale. Il ne remplace pas l’analyse de votre situation par un prêteur ou un intermédiaire de crédit, et emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Ce que vous pouvez demander à votre prêteur
Un contrat de crédit signé n’oblige pas le prêteur à le modifier. Vous pouvez néanmoins demander plusieurs choses, une par une, en précisant ce que vous cherchez.
Le taux débiteur
Demandez si un nouveau taux est possible sur le capital restant dû, avec un nouveau tableau d’amortissement. Le prêteur peut refuser ou demander des frais : notez-les.
La durée et la mensualité
Une durée plus longue baisse la mensualité mais accroît le coût total. Une durée inchangée avec un taux plus bas réduit les intérêts sans changer votre rythme de remboursement.
Les frais
Frais de dossier, frais de tenue de compte, frais liés à un nouveau contrat : demandez-les tous par écrit. La SECCI doit les mentionner (art. VII.70).
Les services accessoires
Vérifiez si une assurance ou un autre service est obligatoire pour obtenir le crédit. La SECCI doit l’indiquer clairement.
L’indemnité de remboursement anticipé
Demandez son montant et son calcul avant toute décision. Voir la section suivante.
Exigez que toute modification soit confirmée par écrit (avenant, nouvelle offre ou nouveau tableau d’amortissement) avant de compter dessus. Une promesse orale ne vaut pas comme preuve.
Si votre projet est un prêt personnel « classique », consultez aussi notre article sur la négociation d’un prêt personnel, qui détaille ce qui peut vraiment bouger avant la signature.
L’indemnité de remboursement anticipé
Le consommateur a le droit de rembourser tout ou partie de son crédit à tout moment (art. VII.96). Il avertit le prêteur par envoi recommandé, au moins dix jours avant le remboursement. Il a droit à une réduction du coût total : les intérêts et frais correspondant à la durée restante ne sont plus dus.
Le prêteur peut cependant réclamer une indemnité « équitable et objectivement justifiée » (art. VII.97). Elle est encadrée par la loi :
- au maximum 1 % du capital remboursé par anticipation si le contrat devait encore durer plus d’un an ;
- au maximum 0,5 % si le contrat se termine dans l’année ;
- jamais plus que les intérêts que vous auriez payés jusqu’à la fin du contrat ;
- aucune indemnité pour une ouverture de crédit, ni pour un remboursement effectué durant une période où le taux débiteur n’est pas fixe.
Le prêteur doit vous communiquer le montant réclamé, avec son calcul, sur un support durable dans les dix jours. Demandez ce décompte avant de vous engager dans un nouveau crédit : c’est un coût certain du regroupement.
Quels arguments présenter
Un prêteur n’a aucune obligation de baisser son taux. Il pèse le coût de la modification, le risque que vous partiez ailleurs et votre dossier. Voici des arguments factuels, à présenter sans exagération :
- Un historique de paiement régulier. Des mensualités payées sans retard depuis plusieurs mois ou années sont un point favorable.
- Une offre concurrente écrite. Une SECCI d’un autre prêteur montre un taux et un TAEG précis, pas une impression.
- Un endettement en baisse. Si vos revenus ont augmenté ou d’autres crédits sont soldés, votre situation s’est améliorée depuis la signature.
- Une demande claire. « Pouvez-vous ramener le taux à X % sur la même durée ? » est plus simple à traiter qu’un « faites un geste ».
Ne cachez aucune dette. Tout prêteur doit évaluer de façon rigoureuse votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale de Belgique avant d’accorder un crédit (art. VII.77). Un dossier incomplet ne sert ni vous, ni votre demande.

Comparer plusieurs offres : SECCI et TAEG
Avant d’être lié par un contrat ou une offre, vous devez recevoir, sur un support durable, une fiche d’informations européennes normalisées (SECCI). Elle est établie à partir de votre demande et permet de comparer des offres sur la même base (art. VII.70).
Demandez la même SECCI, avec le même montant et la même durée, à chaque prêteur. Comparez ensuite ces lignes :
| À comparer | Où le trouver | Pourquoi |
|---|---|---|
| Taux débiteur et conditions | SECCI | Fixe ou variable, avec les règles d’adaptation. |
| TAEG | SECCI | Intègre les frais obligatoires : c’est le repère principal de comparaison. |
| Durée et mensualité | SECCI | Détermine le coût des intérêts. |
| Montant total dû | SECCI | Ce que vous rembourserez au total. |
| Indemnité de remboursement anticipé | SECCI, contrat actuel | Un coût certain du regroupement. |
| Assurance ou service obligatoire | SECCI | Peut modifier le coût réel. |
Comparez ensuite le coût total, pas seulement la mensualité. Le TAEG ne fonctionne bien que si les durées sont identiques : un TAEG plus bas sur une durée beaucoup plus longue peut coûter davantage en euros. Pour vérifier vos calculs, vous pouvez utiliser le calculateur de crédit de Wikifin, l’outil de la FSMA. Notre page sur la lecture d’une simulation de regroupement détaille chaque ligne du résultat.
Exemple chiffré : renégocier ou regrouper ?
Situation fictive, calculée le 28/09/2026. Deux crédits à tempérament en cours, à taux fixe. Les taux sont des hypothèses illustratives, pas des offres. Les TAEG indiqués sont calculés sans frais et servent de repère.
Capital restant : 9 000 €
Taux : 8,50 % (TAEG ≈ 8,84 %)
Durée restante : 30 mois
Mensualité : 334,06 €
Capital restant : 6 000 €
Taux : 9,50 % (TAEG ≈ 9,92 %)
Durée restante : 24 mois
Mensualité : 275,49 €
Total actuel : 609,55 € par mois. Total restant à rembourser : 16 633,56 €, dont 1 633,56 € d’intérêts. Voici trois scénarios :
0. Ne rien changer
Mensualité : 609,55 €
Intérêts + indemnités : 1 633,56 €
Total remboursé : 16 633,56 €
1. Renégocier B à 8,00 % (TAEG ≈ 8,30 %), 24 mois
Mensualité : 605,42 €
Intérêts + indemnités : 1 534,44 €
Total remboursé : 16 534,44 €
2. Regrouper à 7,50 % (TAEG ≈ 7,76 %), 30 mois
Mensualité : 555,39 €
Intérêts + indemnités : 1 661,70 €
Total remboursé : 16 661,70 €
3. Regrouper à 7,50 % (TAEG ≈ 7,76 %), 60 mois
Mensualité : 303,57 €
Intérêts + indemnités : 3 214,20 €
Total remboursé : 18 214,20 €
Hypothèses. Le regroupement finance 15 150 € : les 15 000 € de capital restant plus 150 € d’indemnités de remboursement anticipé, calculées au maximum légal de 1 % (90 € sur A, 60 € sur B, plus d’un an restant sur chaque contrat). Aucun autre frais n’est compté. Un prêteur peut réclamer moins que le maximum. Les mensualités sont arrondies au centime, les totaux valent mensualité × durée.
Ce que montre l’exemple :
- Le scénario 1 économise 99,12 € sans changer de durée ni payer d’indemnité.
- Le scénario 2 baisse la mensualité de 54,16 €, surtout parce que le crédit B passe de 24 à 30 mois. Le coût total est même 28,14 € plus élevé qu’en ne changeant rien, malgré un taux plus bas, à cause de l’indemnité.
- Le scénario 3 divise presque par deux la mensualité mais coûte 1 580,64 € de plus que le scénario 0.
Côté durée maximale, l’arrêté royal du 14 septembre 2016 (art. 13) la fixe selon le montant du crédit : de 10 000,01 à 15 000 €, 60 mois ; de 15 000,01 à 20 000 €, 84 mois. Avec l’indemnité, le capital de l’exemple dépasse 15 000 €, ce qui change la tranche applicable. De 20 000,01 à 37 000 €, la durée peut aller jusqu’à 120 mois, ce qui alourdit encore la facture d’intérêts.
Pour comprendre la formation du coût, lisez aussi le coût d’un regroupement de crédits et ce qui fait varier le taux.
Les pièges à éviter
Se fier à la mensualité seule
Une mensualité plus basse peut cacher une durée plus longue et un coût total plus élevé. Comparez toujours le montant total dû.
Oublier l’indemnité
Elle s’ajoute au capital regroupé, donc elle porte des intérêts. Demandez-la avant de signer, sur chaque contrat.
Comparer des durées différentes
Comparez à durée égale, puis regardez l’effet d’une durée plus longue séparément.
Regrouper des crédits peu coûteux
Un crédit à faible taux peut coûter moins cher que le nouveau prêt. Il est parfois préférable de le laisser à l’extérieur du regroupement.
Rembourser avant d’avoir reçu l’argent
Vérifiez la date de signature, le délai de rétractation de quatorze jours (art. VII.83) et le moment où le nouveau crédit est versé avant de clôturer les anciens.
Reprendre un nouveau crédit dans la foulée
Alléger ses mensualités puis s’endetter à nouveau annule le bénéfice de l’opération.
Pour le déroulement complet une fois l’offre choisie, voir les étapes d’un regroupement de crédits. Les documents à réunir sont expliqués dans la préparation de la demande.
Quand renoncer, et où trouver de l’aide
Renoncer au regroupement est raisonnable dans plusieurs cas :
- le coût total du nouveau crédit dépasse celui de vos crédits actuels, indemnités comprises ;
- la baisse de mensualité vient uniquement d’un allongement important de la durée ;
- l’offre n’est accompagnée d’aucune SECCI claire, ou le prêteur vous presse de signer ;
- une renégociation avec votre prêteur actuel donne un résultat proche à moindre coût.
Prévenez vos prêteurs avant l’impayé. Un nouveau crédit ne règle pas toujours le problème de fond. Le CPAS de votre commune, un service de médiation de dettes ou un centre d’aide peuvent analyser votre budget avec vous. Wikifin propose une page « Où trouver de l’aide quand vous avez des dettes ? ». Vous pouvez aussi consulter votre fiche à la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale.
En cas de litige avec un établissement financier, le service de médiation Ombudsfin peut être saisi après une réclamation auprès du prêteur.
Questions fréquentes
Mon prêteur est-il obligé de renégocier mon crédit ?
Non. Il peut refuser ou demander des frais. Une demande écrite permet toutefois d’obtenir une réponse claire et un montant chiffré pour l’indemnité.
Combien coûte le remboursement anticipé d’un crédit à la consommation ?
Au maximum 1 % du capital remboursé si plus d’un an de contrat reste à courir, 0,5 % sinon, sans dépasser les intérêts restants (art. VII.97). Le prêteur peut demander moins.
Quel préavis faut-il donner ?
La loi prévoit d’avertir le prêteur par envoi recommandé au moins dix jours avant le remboursement (art. VII.96). Consultez aussi les conditions de votre contrat.
Vaut-il mieux garder plusieurs crédits ou en faire un seul ?
Cela dépend des chiffres. Comparez le coût total de chaque option, indemnités et frais compris, à durée égale. Un seul crédit simplifie la gestion mais n’est pas forcément moins cher.
Puis-je changer d’avis après avoir signé un nouveau crédit ?
Le consommateur dispose d’un droit de rétractation de quatorze jours sans donner de motif (art. VII.83). Il doit en informer le prêteur dans les formes prévues.
Que faire si je n’arrive plus à payer mes mensualités ?
Contactez vos prêteurs sans attendre et un service d’aide (CPAS, médiation de dettes). Ne signez pas de nouveau crédit sans avoir fait le point sur votre budget.
Sources
- SPF Économie : Livre VII du Code de droit économique (art. VII.70, VII.77, VII.83, VII.96, VII.97), texte consulté le 28/09/2026.
- SPF Économie : crédit à la consommation.
- Arrêté royal du 14 septembre 2016 (art. 13 : durées maximales selon le montant du crédit).
- Wikifin (FSMA) : calculateur de crédit.
- Banque nationale de Belgique : Centrale des crédits aux particuliers.
- Ombudsfin, service de médiation des services financiers.








