Pour demander un crédit à la consommation en ligne en Belgique, on compare d’abord des offres, puis on remplit une demande, on reçoit le formulaire d’information précontractuelle (SECCI), on signe (éventuellement de façon électronique) et on dispose ensuite de 14 jours pour se rétracter. Ce qui compte n’est pas la vitesse du parcours, mais les vérifications avant la signature.
- Vérifiez sur le SECCI le TAEG, la durée, le montant de chaque mensualité et le coût total du crédit.
- Une assurance ne peut pas vous être imposée : demandez ce qui est facultatif.
- Vérifiez que le prêteur ou le courtier figure dans la recherche de la FSMA. Un intermédiaire de crédit ne peut jamais vous réclamer de rémunération.
- Ne versez jamais d’argent « pour débloquer » un prêt.
Dans cet article
Une demande en ligne ne change ni les règles, ni les droits : le crédit à la consommation reste encadré par le Livre VII du Code de droit économique, que la demande soit faite en agence, par téléphone ou sur internet. Cette page décrit le parcours dans l’ordre, sans en promettre l’issue : c’est le prêteur qui accepte ou refuse, après avoir évalué votre situation.

Les étapes d’une demande de crédit en ligne
1. Cadrer le besoin et le budget
Avant tout formulaire, fixez le montant utile (pas plus que nécessaire) et la mensualité que votre budget supporte, y compris si vos revenus baissaient. Wikifin recommande de se demander si le crédit est vraiment nécessaire et de ne pas emprunter plus longtemps que nécessaire. La durée maximale dépend du montant emprunté : pour un crédit de 7 500,01 € à 10 000 €, l’arrêté royal du 14 septembre 2016 (art. 13) fixe par exemple 48 mois au maximum.
2. Comparer avec un simulateur
Un simulateur donne une estimation à partir du montant et de la durée. Refaites l’exercice avec plusieurs durées : la mensualité baisse quand la durée s’allonge, mais le coût total augmente (voir l’exemple chiffré). Une simulation ne vous engage à rien ; seule la signature d’un contrat de crédit vous lie. Pour lire un résultat, notre page sur la lecture d’une simulation de crédit en ligne détaille chaque ligne.
3. Choisir le prêteur ou le courtier
Vous pouvez vous adresser directement à un prêteur (banque, société de crédit) ou passer par un courtier. Les deux options sont détaillées plus bas. Dans les deux cas, l’identité du prêteur et, le cas échéant, celle de l’intermédiaire doivent apparaître clairement dans les documents.
4. Remplir la demande avec des informations exactes
Le prêteur ou l’intermédiaire doit vous demander des renseignements exacts et complets sur votre situation (art. VII.69) : but du crédit, revenus, personnes à charge, engagements en cours. Vous devez y répondre de façon exacte et complète. Le prêteur vérifie votre identité (art. VII.76) et consulte la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale (art. VII.77). Les pièces demandées sont listées dans notre guide des documents à fournir pour un prêt personnel.
5. Lire le SECCI
Avant que vous ne soyez lié par un contrat ou une offre, le prêteur (et l’intermédiaire s’il y en a un) vous remet sur un support durable le formulaire « Informations européennes normalisées en matière de crédit aux consommateurs », le SECCI (art. VII.70). Il reprend notamment le type de crédit, le taux débiteur, le TAEG, le montant total dû, les mensualités, l’existence d’un droit de rétractation et le droit au remboursement anticipé. Sur demande et sans frais, vous pouvez aussi recevoir un exemplaire du projet de contrat. Comparez le SECCI de plusieurs prêteurs : c’est le document fait pour cela.
6. Prendre le temps de décider, puis signer
Pour un crédit à la consommation, le Livre VII ne fixe pas de délai d’attente obligatoire avant la signature ; le droit de rétractation de 14 jours vient après. Personne ne doit vous presser. Le SECCI peut indiquer pendant combien de temps le prêteur reste lié par ses informations. Le contrat est conclu par la signature manuscrite ou électronique de toutes les parties et remis sur un support durable, tableau d’amortissement compris (art. VII.78). La signature est précédée de la mention « Lu et approuvé pour … euros à rembourser ». Tant que le contrat n’est pas signé par toutes les parties, aucun paiement ne peut être fait, ni par le prêteur ni par vous (art. VII.90).
7. Se rétracter si besoin, puis recevoir les fonds
Après la signature, vous disposez de 14 jours calendrier pour renoncer au crédit sans donner de motif (art. VII.83). Le délai court à partir de la conclusion du contrat, ou de la réception des conditions contractuelles si elle est postérieure. Le montant est mis à disposition par virement sur votre compte ou sur celui d’un tiers désigné, selon les modalités du contrat : la date de versement se lit dans le contrat, pas dans une publicité.
Courtier ou banque : que change le choix ?
Un prêteur accorde le crédit avec son propre argent. Un courtier (intermédiaire de crédit) sollicite plusieurs prêteurs ou présente une offre, mais ne prête pas lui-même. Le contrat de crédit est conclu avec le prêteur.
- Transparence sur le rôle : l’intermédiaire doit indiquer sa qualité (courtier ou agent lié) et l’étendue de ses pouvoirs dans sa publicité et ses documents (art. VII.73).
- Rémunération : un intermédiaire de crédit ne peut recevoir aucune rémunération du consommateur qui a sollicité son intervention. Il ne peut percevoir de commission que si le contrat a été valablement conclu (art. VII.114). Sa commission fait partie du coût total du crédit affiché dans le TAEG.
- Adéquation : prêteur comme intermédiaire doivent rechercher le type et le montant de crédit les mieux adaptés à votre situation et à votre but (art. VII.75).
- Ce qui ne change pas : SECCI, évaluation de solvabilité, rétractation de 14 jours et remboursement anticipé s’appliquent de la même manière.
Passer par un courtier peut permettre de faire évaluer une seule demande par plusieurs prêteurs. Un prêteur direct évite un intermédiaire mais vous oblige à comparer vous-même. Dans les deux cas, comparez les TAEG et le coût total, pas la seule mensualité. Sur ce dernier point, voir aussi ce qui peut réellement se négocier sur un prêt personnel.
Express Finance est un courtier de crédit ; le lien ci-dessous est un lien commercial. Vérifiez les conditions dans le SECCI qui vous sera remis.
Voir le crédit personnel d’Express Finance (courtier)
Exemple chiffré : l’effet de la durée et du taux
Exemples calculés le 28/09/2026 pour un capital de 8 000 €, en taux fixe, avec mensualités constantes, sans frais de dossier ni assurance. Les taux sont des hypothèses illustratives, pas une offre. Coût du crédit = mensualité arrondie × nombre de mois − capital. Durée maximale autorisée pour ce montant : 48 mois.
TAEG ≈ 8,30 %
Mensualité : 250,69 €
Total remboursé : 9 024,84 €
Coût du crédit : 1 024,84 €
TAEG ≈ 8,30 %
Mensualité : 195,30 €
Total remboursé : 9 374,40 €
Coût du crédit : 1 374,40 €
TAEG ≈ 5,64 %
Mensualité : 186,05 €
Total remboursé : 8 930,40 €
Coût du crédit : 930,40 €
Entre A et B, la mensualité baisse de 55,39 € mais le crédit coûte 349,56 € de plus. Entre B et C, seul le taux change : 444,00 € d’écart sur le coût du crédit. Une assurance ou des frais s’ajoutent à ces chiffres et modifient le TAEG : vérifiez toujours le TAEG affiché sur le SECCI, pas seulement le taux.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
TAEG, taux débiteur et coût total
Le TAEG regroupe intérêts et frais obligatoires, y compris la commission d’un éventuel courtier. Comparez le TAEG et le montant total dû sur des offres de même durée et de même montant. Vérifiez si le taux est fixe et si des frais (dossier, gestion) sont prévus.
Durée et mensualité
Une durée plus longue allège la mensualité mais alourdit le coût total. Choisissez la durée la plus courte que votre budget supporte sans tension, et vérifiez le tableau d’amortissement remis avec le contrat.
Assurance facultative
Il est interdit au prêteur et à l’intermédiaire de vous imposer un autre contrat, auprès d’eux ou d’un tiers qu’ils désignent, pour vous accorder le crédit ; la charge de prouver votre libre choix leur incombe (art. VII.87 §1). Si le SECCI mentionne une assurance, demandez si elle est facultative, quelle en est la prime totale et si elle est comprise dans le TAEG.
Remboursement anticipé
Vous pouvez rembourser tout ou partie du capital à tout moment ; vous en informez le prêteur par envoi recommandé au moins dix jours avant (art. VII.96). Le prêteur peut demander une indemnité équitable, plafonnée à 1 % du capital remboursé s’il reste plus d’un an avant la fin du contrat, et à 0,5 % s’il reste un an ou moins (art. VII.97). Exemple : rembourser 3 000 € de capital avec plus d’un an restant coûte au maximum 30 € ; avec un an ou moins, au maximum 15 €. Aucune indemnité n’est due si le taux est variable pendant la période concernée. Lisez la clause dans le SECCI.
Crédit lié à un achat
Si le crédit finance un bien ou un service précis chez un vendeur, vos obligations ne prennent effet qu’à la livraison du bien ou à la prestation du service (art. VII.91). Le texte a été modifié par la loi du 20/07/2026 : vérifiez la règle en vigueur au moment de votre contrat.
Vos droits d’information et de rétractation
Rétractation : 14 jours (art. VII.83), par envoi recommandé ou par un autre support accepté par le prêteur. En cas de rétractation, vous rendez le capital et payez les intérêts au taux convenu pour la période écoulée, au plus tard 30 jours après l’envoi de la notification ; le prêteur n’a droit à aucune autre indemnité, sauf certains frais non récupérables payés à une institution publique. Les contrats de services accessoires (assurance par exemple) prennent fin de plein droit.
Pour aller plus loin sur les conditions d’octroi, voir comment obtenir un prêt personnel en Belgique et, pour comparer les types de crédit, les différentes formules de crédit à tempérament.
Se protéger des faux prêteurs

La FSMA met régulièrement en garde contre de faux prêteurs qui proposent des crédits en ligne, par courriel, sur les réseaux sociaux ou via des publicités. Ils se font passer pour des prêteurs agréés ou des intermédiaires enregistrés, parfois en copiant le nom d’un établissement connu. Leur méthode : promettre de gros montants à faible taux sans vérifier la situation du candidat, puis réclamer des « frais » à payer d’avance (prime d’assurance, frais de dossier). Une fois payé, le faux prêteur disparaît et l’argent est quasiment impossible à récupérer.
- Une offre qui vous parvient sans que vous l’ayez demandée est un signal d’alerte.
- Un intermédiaire de crédit ne peut recevoir aucune rémunération de votre part (art. VII.114) : toute demande d’argent avant l’octroi du crédit est suspecte.
- Un vrai prêteur évalue votre solvabilité et consulte la Centrale des crédits (art. VII.77) : une offre « sans vérification » est incompatible avec la loi.
- Vérifiez l’interlocuteur avec la fonction de recherche de la FSMA, en cherchant aussi s’il fait l’objet d’une mise en garde. Contactez la FSMA en cas de doute.
Vérifier un prêteur ou un courtier sur le site de la FSMA · Wikifin : ne tombez pas dans le piège de prêteurs frauduleux
Si la demande est refusée
Un refus n’est pas une sanction : le prêteur doit s’assurer que vous serez en mesure de rembourser (art. VII.77). En cas de refus, il doit vous communiquer sans délai et sans frais le résultat de la consultation des fichiers et l’identité du responsable du traitement (art. VII.79) ; aucune indemnité ne peut vous être réclamée, à l’exception des frais de consultation de la Centrale payés par le prêteur. Vous pouvez consulter et faire corriger vos données à la Centrale des crédits aux particuliers.
Si vous avez déjà du mal à faire face à vos dettes, ne multipliez pas les demandes : adressez-vous d’abord à un service d’aide (CPAS, médiateur de dettes, centre d’aide). Wikifin explique où trouver de l’aide quand on a des dettes. Notre page sur le prêt refusé et le fichage à la BNB détaille les causes fréquentes.
Questions fréquentes
Une demande en ligne m’engage-t-elle ?
Non. Une simulation ou une demande ne vous engage pas ; le contrat de crédit est conclu par la signature de toutes les parties (art. VII.78). Après la signature, vous avez encore 14 jours pour vous rétracter.
Faut-il un délai de réflexion avant de signer ?
Le Livre VII ne fixe pas de délai d’attente obligatoire avant la signature d’un crédit à la consommation, mais rien ne vous oblige à signer le jour même. Demandez le SECCI et le projet de contrat, et prenez le temps de les comparer. Le droit de rétractation de 14 jours vient après la signature.
Puis-je signer un crédit de façon électronique ?
Oui, la loi prévoit la signature électronique du contrat de crédit (art. VII.78), soit qualifiée, soit par un procédé garantissant l’identité des parties, leur consentement et l’intégrité du contrat. En cas de contestation, le prêteur doit démontrer que ce procédé remplit ces fonctions.
Comment me rétracter ?
Par envoi recommandé au prêteur, ou par un autre support accepté par lui, dans les 14 jours. Le SPF Économie conseille de vérifier les conditions générales de votre contrat, qui peuvent autoriser une simple lettre. Conservez la preuve de l’envoi.
Le courtier me facture-t-il ses services ?
Non : un intermédiaire de crédit ne peut recevoir aucune rémunération du consommateur qui a sollicité son intervention (art. VII.114). Sa commission est payée par le prêteur et incluse dans le coût total du crédit.
Quelle durée maximale pour mon crédit ?
Elle dépend du montant emprunté, selon l’arrêté royal du 14 septembre 2016 (art. 13) : par exemple 36 mois au maximum entre 3 700,01 € et 5 600 €, 48 mois entre 7 500,01 € et 10 000 €, 60 mois entre 10 000,01 € et 15 000 €.
Comment vérifier qu’un prêteur est fiable ?
Cherchez-le dans la recherche de la FSMA et consultez aussi ses mises en garde. Méfiez-vous de toute demande de paiement préalable. Ne vous fiez pas aux avis en ligne seuls : certains escrocs publient de faux avis positifs.
Sources
Informations vérifiées le 28/09/2026. Des modifications du Livre VII sont annoncées par la loi du 20/07/2026 : vérifiez toujours l’état en vigueur au moment de votre demande.
- Livre VII du Code de droit économique, art. VII.65, VII.69 à VII.79, VII.83, VII.87, VII.90, VII.91, VII.96, VII.97, VII.114 (texte publié au Moniteur belge, consulté le 24/09/2026) : SPF Économie, Livre VII
- Arrêté royal du 14 septembre 2016, art. 13 (durées maximales selon le montant du crédit)
- SPF Économie (ConsumerConnect) : droit de rétractation d’un crédit à la consommation
- FSMA : vérifiez votre fournisseur et mise en garde sur les faux crédits
- Wikifin : emprunter de manière réfléchie
- Banque nationale de Belgique : Centrale des crédits aux particuliers
- Ombudsfin : médiation en cas de litige avec un prêteur ou un intermédiaire, après une plainte auprès de l’établissement








