- Ne laissez pas la situation s’aggraver. Dès que vous savez que la prochaine mensualité posera problème, écrivez à votre prêteur ou à votre intermédiaire en crédit. Selon Wikifin, plus vous attendez, plus vos dettes s’accumulent.
- Vous pouvez demander une suspension temporaire des paiements ou un étalement, c’est-à-dire un remboursement sur une durée plus longue. Les mensualités baissent, mais le coût total augmente (exemple chiffré plus bas). Gardez toute entente par écrit.
- Vous n’êtes pas seul(e). Le CPAS de votre commune et les services agréés de médiation de dettes peuvent négocier avec vos créanciers. Le règlement collectif de dettes est une procédure judiciaire, à envisager avec l’aide d’un professionnel.
- Méfiez-vous des fausses solutions : emprunter pour rembourser sans analyse, prêteur non agréé, demande de paiement d’avance.
Informations générales, sans conseil personnalisé. Textes et sites officiels consultés le 28/09/2026 ; la réglementation peut évoluer.
Sommaire
- Agir tôt : contacter votre prêteur
- Retard de paiement : ce que la loi prévoit
- Allonger la durée : effet sur le coût (exemple chiffré)
- Fichage à la Centrale des crédits aux particuliers
- Médiation de dettes : où trouver de l’aide
- Règlement collectif de dettes
- En cas de désaccord avec le prêteur
- Ce qu’il vaut mieux ne pas faire
- Questions fréquentes
Une perte d’emploi, une maladie, une séparation ou une baisse de revenus peuvent rendre le remboursement d’un prêt personnel (crédit à la consommation) difficile, même lorsque le budget avait été bien calculé au départ. Cette page explique, pour la Belgique, les démarches possibles, les règles qui encadrent les retards de paiement et les organismes vers lesquels se tourner.

Agir tôt : contacter votre prêteur
Selon Wikifin, il faut prendre contact au plus vite avec le prêteur ou l’intermédiaire en crédit pour convenir éventuellement d’un arrangement. Cette démarche est courante et le prêteur a lui-même intérêt à ce que le crédit soit remboursé.
1. Faites le point sur votre budget
Notez vos revenus, vos charges fixes et vos dettes. Vous saurez ainsi quelle somme vous pouvez réellement consacrer chaque mois au remboursement.
2. Écrivez au prêteur
Expliquez brièvement la situation et proposez une solution : suspension temporaire des paiements, ou étalement du solde sur une durée plus longue. Conservez une copie de tous les échanges.
3. Demandez les conditions par écrit
Avant d’accepter, demandez la nouvelle mensualité, la nouvelle durée, le coût total, les éventuels frais et l’effet sur votre dossier. Wikifin conseille de consigner par écrit recommandé les facilités de paiement convenues.
4. Si le prêteur refuse ou ne répond pas
Selon le SPF Économie, si le prêteur refuse, ne répond pas dans un délai d’un mois à compter de votre lettre recommandée, ou si sa proposition ne vous convient pas, vous pouvez demander des facilités de paiement au juge de paix de votre lieu de résidence (voir aussi l’article VII.107 du Code de droit économique).
Une assurance liée au crédit (par exemple en cas de perte de revenus ou d’incapacité de travail) peut exister : relisez votre contrat et vos conditions générales pour voir si elle s’applique à votre situation, et déclarez le sinistre dans les délais prévus.
Retard de paiement : ce que la loi prévoit
Le Livre VII du Code de droit économique (crédit à la consommation) encadre les suites d’un retard. Les points ci-dessous résument les articles VII.105 et VII.106, dans la version consultée le 28/09/2026. Les contrats et les modifications légales à venir peuvent changer certains détails : en cas de doute, comparez avec votre contrat et demandez l’avis d’un service de médiation de dettes.
Rappel, mise en demeure, déchéance du terme
- Simple retard : le prêteur peut réclamer le capital échu et impayé, le coût du crédit échu et impayé, l’intérêt de retard convenu, ainsi que les frais convenus de lettres de rappel et de mise en demeure, à raison d’un envoi par mois. Ces frais se composent d’un forfait maximum de 7,50 € augmenté des frais postaux (art. VII.106 §2).
- Intérêt de retard : il ne peut pas dépasser le dernier taux débiteur appliqué, majoré d’un coefficient de 10 % au maximum (art. VII.106 §3).
- Déchéance du terme (le prêteur exige tout le solde d’un coup) : une clause de ce type n’est en principe valable que si vous êtes en défaut pour au moins deux échéances, ou pour une somme équivalente à 20 % du montant total dû, et que vous ne vous êtes pas exécuté un mois après un envoi recommandé contenant mise en demeure (art. VII.105 §2).
- Après résolution du contrat ou déchéance du terme : le prêteur ne peut réclamer que le solde restant dû, le coût échu et impayé, l’intérêt de retard convenu et des pénalités plafonnées à 10 % de la tranche du solde jusqu’à 7 500 €, puis 5 % au-delà (art. VII.106 §1).
- Décompte détaillé : toute somme réclamée doit être détaillée et justifiée dans un document remis gratuitement ; un nouveau document peut être demandé jusqu’à trois fois par an (art. VII.106 §4).
Tolérance avant poursuites. Le Code prévoit que le prêteur met en place des procédures l’incitant à une tolérance raisonnable avant d’engager une procédure d’exécution, et que les mesures de grâce accordées dans ce cadre n’entraînent ni frais de dossier, ni intérêts de retard, ni autre frais, à l’exception du taux débiteur convenu et des frais normaux du contrat sur la période concernée (art. VII.105 §1, en vigueur depuis le 24/01/2025). Demandez toujours la confirmation écrite des conditions appliquées à votre cas.
Des frais ou des pénalités qui dépassent ces limites, ou qui ne sont pas prévus par le Code, sont contestables (art. VII.106 §6). Si vous recevez un courrier d’un huissier, d’un avocat ou d’une agence de recouvrement, ne l’ignorez pas : selon Wikifin, un recouvrement amiable ne peut pas s’accompagner de menaces de saisie, et une dette peut être contestée de manière motivée. Les agences de recouvrement doivent être inscrites auprès du SPF Économie (règles du recouvrement de dettes sur Wikifin).
Allonger la durée : effet sur le coût (exemple chiffré)
Étaler le solde sur plus de mois réduit la mensualité, mais augmente les intérêts payés. Exemple illustratif, calculé le 28/09/2026 : solde restant dû de 6 000 €, taux débiteur annuel de 8 % (TAEG indicatif d’environ 8,30 % sans frais), taux identique pour toutes les durées. Ces hypothèses ne constituent pas une offre : votre prêteur peut appliquer d’autres conditions ou des frais.
Mensualité : 271,36 €
Intérêts : 512,64 €
Total remboursé : 6 512,64 €
Mensualité : 188,02 €
Intérêts : 768,72 €
Total remboursé : 6 768,72 €
Mensualité : 146,48 €
Intérêts : 1 031,04 €
Total remboursé : 7 031,04 €
Passer de 24 à 48 mois allège la mensualité d’environ 125 € dans cet exemple, mais ajoute environ 518 € d’intérêts. Une solution à court terme (suspension, étalement limité) peut convenir à une difficulté passagère ; si la baisse de revenus est durable, un service de médiation de dettes peut examiner l’ensemble de vos dettes avant toute décision.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent. Chaque mois de remboursement supplémentaire allonge la période pendant laquelle des intérêts sont dus.
Fichage à la Centrale des crédits aux particuliers
La Centrale des crédits aux particuliers (CCP), gérée par la Banque nationale de Belgique (BNB), enregistre les crédits à la consommation et hypothécaires contractés par des particuliers, ainsi que les éventuels défauts de paiement (la « liste noire »). Vous ne pouvez pas y transmettre vous-même des données : ce sont les prêteurs qui déclarent.
- Déclaration : selon la BNB, le prêteur signale le montant et la date de l’arriéré, ainsi que son remboursement, dans les huit jours ouvrables.
- Durée de conservation d’un défaut de paiement : un an à partir de la régularisation ; en l’absence de régularisation, dix ans à partir de la date du premier défaut (BNB).
- Facilités de paiement : le SPF Économie indique que des arriérés ou des facilités de paiement conduisent à une mention dans la section négative de la CCP.
- Consultation : chaque consommateur peut consulter gratuitement les données enregistrées à son nom. Une donnée erronée peut être rectifiée sans frais (art. VII.122 §2 du Code de droit économique).
Un défaut de paiement enregistré peut compliquer l’obtention d’un nouveau crédit ; nous détaillons les causes de refus et les démarches possibles dans notre page prêt refusé partout en Belgique : causes, fichage BNB, aides. Sources : BNB, tout savoir sur la CCP et consulter mes données.
Médiation de dettes : où trouver de l’aide
La médiation de dettes consiste à analyser votre situation, à négocier avec vos créanciers et à établir un plan de remboursement. Selon Wikifin, les communes proposent ce service via leur CPAS, et il peut aussi être assuré par un avocat, un notaire ou certaines associations agréées. Le Code de droit économique interdit la médiation de dettes, sauf si elle est pratiquée par un avocat, un officier ministériel ou un mandataire de justice, ou par une institution publique ou privée agréée (art. VII.115).
Wallonie
Portail du surendettement en Wallonie et annuaire des services de médiation de dettes de l’Observatoire du Crédit et de l’Endettement.
Bruxelles
Centre d’appui aux services de médiation de dettes, tropdedettes.be et la page médiation de dettes de la Région de Bruxelles-Capitale.
Flandre
Eerste hulp bij schulden (en néerlandais) et la liste des institutions agréées de médiation de dettes du Departement Zorg (en néerlandais).
Partout en Belgique
Le CPAS de votre commune est le premier point de contact. Wikifin propose aussi une page où trouver de l’aide quand on a des dettes.
Avant de rencontrer un service, rassemblez vos contrats de crédit, les derniers décomptes, les courriers de rappel ou de mise en demeure, vos fiches de paie ou attestations de revenus, et la liste de vos charges. Cela permet une analyse plus complète dès le premier rendez-vous.

Règlement collectif de dettes
Si la médiation ne suffit pas, le règlement collectif de dettes est une procédure judiciaire prévue pour les situations de surendettement. Selon la BNB et Wikifin, elle se déroule devant le tribunal du travail compétent selon le domicile. Le tribunal désigne un médiateur de dettes, qui établit un plan de règlement visant à rembourser les créanciers, dans un cadre de règles et de conditions strictes.
- Pendant la procédure, le débiteur ne peut contracter aucune dette supplémentaire, donc aucun nouveau crédit (BNB).
- Les informations relatives au règlement collectif de dettes sont mentionnées dans la CCP (BNB).
- Cette procédure a des conséquences importantes sur la gestion de vos finances. Elle se prépare avec l’aide d’un médiateur de dettes agréé, d’un avocat ou du CPAS, qui pourront vous dire si votre situation entre dans les conditions.
Cette page décrit la procédure de manière générale et ne remplace pas l’analyse de votre dossier par un professionnel.
En cas de désaccord avec le prêteur
- Ombudsfin, le service de médiation en matière financière, peut aider en cas de différend avec une institution financière ou un intermédiaire belge : introduire une plainte. Le site indique un retard actuel dans le traitement des dossiers et demande d’utiliser le formulaire de plainte.
- SPF Économie (ConsumerConnect) : information sur les difficultés de remboursement d’un crédit à la consommation. Un numéro gratuit est indiqué sur cette page : 0800 120 33, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.
- Wikifin (initiative de la FSMA) : que faire si vous n’arrivez plus à rembourser votre crédit.
Ce qu’il vaut mieux ne pas faire
- Ne pas répondre aux courriers : un rappel ignoré peut être suivi d’une mise en demeure, puis de poursuites.
- Emprunter pour rembourser sans analyse : un nouveau crédit ajoute des intérêts et des frais à une situation déjà tendue. Avant d’y penser, faites examiner l’ensemble de vos dettes par un service de médiation. Cette page ne propose aucune demande de crédit.
- Faire appel à un prêteur non agréé ou à un intermédiaire qui demande un paiement d’avance : un intermédiaire de crédit ne peut recevoir aucune rémunération du consommateur qui a sollicité son intervention (art. VII.114 §1). Vérifiez l’identité et l’agrément de tout prêteur ou intermédiaire auprès de la FSMA.
- Payer un tiers pour « effacer » un fichage ou une dette : la médiation de dettes est réservée aux avocats, officiers ministériels, mandataires de justice et institutions agréées (art. VII.115).
- Signer sous pression un plan de paiement sans en comprendre le coût total.
Pour la suite
Quand la situation sera stabilisée, un budget mensuel réaliste et une réserve d’argent aident à absorber les imprévus. Pour comprendre comment un prêteur évalue la capacité de remboursement, voyez notre page sur la solvabilité pour un prêt personnel.
Questions fréquentes
Que faire si je ne peux pas payer ma prochaine mensualité ?
Contactez votre prêteur avant l’échéance, exposez votre situation et proposez une solution (suspension temporaire ou étalement). Demandez la confirmation écrite des conditions. Si vous avez plusieurs dettes, adressez-vous en parallèle à votre CPAS ou à un service de médiation de dettes.
Le prêteur peut-il réclamer tout le crédit d’un coup ?
Une clause de déchéance du terme n’est en principe valable que si vous êtes en défaut pour au moins deux échéances, ou pour 20 % du montant total dû, et que vous ne vous êtes pas exécuté un mois après une mise en demeure envoyée par recommandé (art. VII.105 §2). Vérifiez votre contrat et les courriers reçus.
Quels frais peut-on me réclamer en cas de retard ?
En cas de simple retard : le capital échu, le coût du crédit échu, l’intérêt de retard convenu et des frais de rappel ou de mise en demeure limités à un envoi par mois (forfait maximum de 7,50 € plus frais postaux). Le prêteur doit détailler et justifier les sommes dans un document remis gratuitement (art. VII.106).
Combien de temps reste-t-on fiché à la CCP ?
Selon la BNB, un défaut de paiement régularisé reste enregistré un an après la régularisation. Sans régularisation, la conservation peut aller jusqu’à dix ans à partir du premier défaut de paiement.
Le CPAS peut-il m’aider si j’ai un crédit ?
Oui, les CPAS proposent un service de médiation de dettes ou vous orientent vers un service agréé. Contactez celui de votre commune pour connaître les modalités.
Faut-il passer par un tribunal ?
Pas nécessairement. Le juge de paix peut accorder des facilités de paiement si le prêteur refuse ou ne répond pas, et le règlement collectif de dettes est une procédure distincte, réservée aux situations de surendettement. Un service de médiation ou un avocat peut vous expliquer quelle voie correspond à votre cas.
Sources consultées le 28/09/2026 : Code de droit économique, Livre VII (articles VII.105, VII.106, VII.107, VII.114, VII.115, VII.122) ; Banque nationale de Belgique ; Wikifin ; Ombudsfin ; SPF Économie (ConsumerConnect). Une loi du 20 juillet 2026 modifie le Livre VII, avec des entrées en vigueur échelonnées dont le 20/11/2026 : vérifiez la version en vigueur au moment de votre démarche.







