- Un « crédit divorce » n’est pas un produit à part : c’est généralement un prêt personnel (prêt à tempérament) destiné à financer les frais d’une séparation, comme un déménagement ou l’installation dans un nouveau logement.
- Se séparer ne met pas fin aux crédits signés à deux : chaque signataire reste tenu envers le prêteur tant que celui-ci ne l’a pas clairement déchargé, même si la convention de divorce prévoit autre chose.
- Racheter la part du logement de votre ex-partenaire (la soulte) se finance en principe par un crédit hypothécaire, pas par un prêt personnel.
- Avec un seul revenu, calculez d’abord ce que vous pouvez rembourser chaque mois, pensions alimentaires et nouvelles charges comprises.
Les dépenses liées à une séparation
Une séparation, qu’il s’agisse d’un divorce, de la fin d’une cohabitation légale ou d’une cohabitation de fait, entraîne souvent des frais concentrés sur quelques mois. Leur montant dépend fortement de votre situation : il vaut mieux les lister avant d’envisager un emprunt.
Déménagement
Transport, location d’un véhicule ou déménageur, cartons, éventuels frais de stockage. Voir notre guide du budget et financement d’un déménagement.
Nouveau logement
Garantie locative, premier loyer, frais de raccordement (énergie, internet) et assurance habitation.
Équipement
Mobilier, électroménager et équipement des chambres des enfants si vous les accueillez, même en hébergement alterné.
Procédure
Honoraires d’avocat, de médiateur familial ou de notaire, selon la procédure choisie et la présence d’un bien immobilier à partager.
Toutes ces dépenses ne justifient pas un crédit. Une épargne personnelle, le partage des comptes communs ou un étalement négocié peuvent suffire. Si un prêt reste nécessaire, un prêt personnel au montant limité au besoin réel est plus lisible qu’une réserve d’argent, dont le solde disponible se reconstitue et peut prolonger l’endettement.
Que deviennent les crédits en cours ?
C’est le point le plus souvent mal compris. Selon Wikifin (FSMA), un divorce ou la fin d’une cohabitation ne fait pas disparaître les prêts en cours : les signataires du contrat de crédit restent tenus tant que le prêteur ne les a pas clairement déchargés de leurs obligations.
Exemple : vous avez signé un crédit auto à deux et la convention de divorce attribue la voiture à votre ex-partenaire. S’il ou elle cesse de payer, le prêteur peut vous réclamer les mensualités. La convention règle vos rapports entre ex-partenaires, elle ne lie pas le prêteur.
Le prêteur n’accepte en général de décharger un co-emprunteur que s’il estime l’autre suffisamment solvable pour rembourser seul. En pratique, plusieurs options se présentent :
- rembourser le crédit, par exemple avec le produit de la vente d’un bien commun ;
- demander au prêteur de libérer l’un des signataires, qui reprend seul le crédit ;
- continuer à rembourser à deux, en prévoyant dans la convention qui paie quoi.
Pensez aussi aux procurations sur les comptes communs et à informer le prêteur de votre nouvelle adresse. Si vous êtes marié ou cohabitant légal, vous pouvez même être tenu de rembourser un crédit que vous n’avez pas souscrit : il suffit que le prêteur prouve que la dette a été contractée pour couvrir les dépenses du ménage ou l’éducation des enfants (Wikifin).
Regrouper tous ses crédits en un seul peut sembler simplifier la situation, mais cela allonge souvent la durée et augmente le coût total : faites-vous conseiller avant d’envisager cette voie.
Garder le logement : racheter la part de l’autre
Si l’un des partenaires souhaite conserver le logement acheté ensemble, il doit verser à l’autre une soulte. Selon Wikifin, lorsqu’un crédit hypothécaire est en cours, on part de la valeur actuelle du bien (éventuellement expertisée), on déduit le solde restant dû, puis on partage le résultat selon les parts de chacun. Le notariat publie une fiche info avec un exemple chiffré.
Ce rachat, qui peut aussi impliquer la reprise du crédit hypothécaire existant, relève du crédit hypothécaire et passe par un notaire. Un prêt personnel n’est pas adapté à ce type de montant. Attention : selon Wikifin, un rachat par votre partenaire ne vous libère pas automatiquement du remboursement du prêt hypothécaire commun, tant que la banque ne vous a pas déchargé.
Emprunter avec un seul revenu
Après une séparation, le budget change : un seul revenu, un loyer ou un crédit à assumer seul, parfois une pension alimentaire à verser ou à percevoir. Le prêteur doit évaluer rigoureusement votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la BNB avant d’accorder un crédit.
Avant toute demande, faites votre propre calcul : revenus nets, moins charges fixes, moins mensualités de crédits déjà en cours (y compris ceux signés à deux). Notre guide sur la façon dont le prêteur évalue votre solvabilité détaille les éléments examinés.
Si des impayés d’un montant total de plus de 1 000 € sur un crédit à la consommation sont enregistrés à votre nom à la Centrale et n’ont pas été remboursés, le prêteur ne peut pas vous accorder un nouveau crédit à la consommation (art. VII.77 §2 du Code de droit économique).
Exemples chiffrés d’un prêt personnel
Exemples illustratifs calculés avec un taux débiteur fixe de 8 % par an, soit un TAEG de 8,30 % sans frais (hypothèse au 28/09/2026). Il ne s’agit pas d’une offre : le taux réel dépend du prêteur et de votre dossier.
- Mensualité : 110,66 €
- Coût total du crédit : 319,80 €
- Montant total remboursé : 3 319,80 €
- TAEG : 8,30 %
- Mensualité : 164,26 €
- Coût total du crédit : 898,92 €
- Montant total remboursé : 6 898,92 €
- TAEG : 8,30 %
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Les durées respectent les maxima légaux pour un prêt à tempérament (30 mois maximum de 2 500,01 à 3 700 €, 42 mois maximum de 5 600,01 à 7 500 €, arrêté royal du 14/09/2016, art. 13). Pour comprendre le calcul, consultez notre page calcul de la mensualité, des intérêts et du TAEG. Vous disposez de 14 jours pour renoncer au contrat après sa signature, et vous pouvez rembourser anticipativement.
Si, après avoir fait ces calculs, un prêt personnel reste adapté à vos frais de séparation, le simulateur de cette page permet de comparer des offres selon le montant souhaité, et notre page sur le prêt personnel en Belgique résume ses conditions.
Choisir le montant dans le simulateur
En cas de difficultés financières
Si la séparation rend vos remboursements difficiles, un nouveau crédit n’est pas la solution. Contactez votre prêteur dès les premières difficultés : un report ou un réaménagement peut parfois être discuté.
- Médiation de dettes : le CPAS de votre commune ou un service de médiation de dettes agréé peut analyser votre budget et négocier avec vos créanciers.
- Médiation familiale : un médiateur familial agréé peut vous aider à organiser avec votre ex-partenaire la répartition des crédits, des frais et des contributions pour les enfants.
- Notaire ou avocat : pour le partage des biens, le logement et la rédaction de la convention.
Questions fréquentes
Mon ex-partenaire doit-il continuer à payer notre crédit commun ?
Oui, tant que le prêteur ne l’a pas déchargé, chaque signataire reste tenu envers lui. Si l’un ne paie plus, le prêteur peut réclamer les montants à l’autre, quelle que soit la répartition prévue dans la convention de divorce.
Peut-on financer le rachat de la maison avec un prêt personnel ?
Ce n’est pas la voie normale. Le rachat de la part de l’autre (soulte) passe par le notaire et se finance en principe par un crédit hypothécaire, adapté aux montants et aux durées d’un achat immobilier.
Puis-je emprunter seul pendant la procédure de divorce ?
C’est possible, mais le prêteur évalue votre solvabilité avec vos revenus et charges actuels. Pendant une période de transition, vos charges futures sont souvent incertaines : attendez si possible que le budget après séparation soit connu.
Une séparation apparaît-elle à la Centrale des crédits ?
Non, la Centrale enregistre les contrats de crédit et les éventuels arriérés de paiement, pas la situation familiale. Un défaut de paiement sur un crédit commun peut en revanche être enregistré au nom de chaque signataire.
Sources consultées le 28/09/2026 : Wikifin (FSMA) – FAQ le partage des biens en cas de séparation ; Wikifin – dettes contractées par des époux ; notaire.be – l’immeuble acheté ensemble en cas de séparation ; SPF Économie – Livre VII du Code de droit économique.
