Le leasing financier (location-financement) permet à une société, à un indépendant ou à une profession libérale d’utiliser une machine, un véhicule, du matériel médical ou informatique sans l’acheter comptant : une société de leasing achète le bien que vous avez choisi, vous le loue pendant une durée fixe, puis vous pouvez le racheter pour une option d’achat faible, fixée dès la signature.
Ce qui le distingue d’une simple location : les loyers et l’option d’achat remboursent l’intégralité du prix payé par le loueur, plus ses intérêts et ses frais. En Belgique, l’option d’achat ne doit pas dépasser 15 % du capital investi pour que le contrat reste un leasing financier au sens comptable. Cette page explique comment le contrat fonctionne, comment lire une simulation de leasing et quand un prêt d’investissement est plus adapté.
Leasing financier : le fonctionnement en bref
- Trois acteurs. Vous (le preneur) choisissez le bien et négociez le prix avec le fournisseur. La société de leasing (le donneur, souvent une banque ou sa filiale) paie la facture et reste propriétaire juridique pendant le contrat.
- Une durée ferme. Le contrat court en principe sur une période non résiliable, alignée sur la durée d’utilisation économique du bien (souvent la durée pendant laquelle il sera amorti).
- Des loyers qui remboursent le capital. Chaque loyer contient une part de capital et une part d’intérêts. Un premier loyer majoré (acompte) est parfois demandé.
- Une option d’achat en fin de contrat. Son montant, prévu au départ, est faible (au maximum 15 % du capital investi). En la levant, vous devenez propriétaire du bien.
- L’usage est à votre charge. Entretien, réparations, assurance et taxes restent à votre charge, sauf mention contraire du contrat. Le leasing financier finance le bien ; il n’inclut pas de services.

La règle des 15 % : leasing financier ou renting ?
La distinction ne dépend ni du bien ni du nom donné au contrat. Elle vient du droit comptable belge : l’article 3:89 de l’arrêté royal du 29 avril 2019 portant exécution du Code des sociétés et des associations (rubrique III.D « Location-financement et droits similaires ») vise les contrats dont les loyers, majorés de l’option d’achat, couvrent, outre les intérêts et les charges, la reconstitution intégrale du capital investi par le donneur. L’option d’achat n’est toutefois prise en compte que si elle représente quinze pour cent au plus du capital investi.
- Option d’achat de 15 % ou moins, loyers + option = capital investi : leasing financier (location-financement).
- Option d’achat supérieure à 15 %, ou loyers qui ne remboursent pas tout le capital : le contrat est traité comme une location (renting, location-financement opérationnelle).
Le renting financier, avec une option d’achat plus élevée et des loyers comptabilisés en charges, est détaillé sur notre page simulation renting financier, avec un exemple pour une voiture et la fiscalité automobile 2026. La présente page se concentre sur le leasing financier proprement dit, pour tout type de matériel professionnel.
Ce que le leasing financier change dans vos comptes
Selon l’avis CNC 2015/4 de la Commission des normes comptables, un contrat qui répond à cette définition se comptabilise comme si l’entreprise avait acheté le bien à crédit :
- À l’actif : le preneur inscrit le droit d’usage du bien parmi ses immobilisations corporelles. On parle souvent de propriété économique, la propriété juridique restant au loueur.
- Au passif : une dette correspondant à la part des loyers qui représente le capital à rembourser. Votre taux d’endettement augmente donc, comme avec un prêt.
- Amortissement : le bien est amorti par le preneur selon les règles de sa catégorie d’actifs.
- Option d’achat : faute d’obligation de la lever, son montant n’est pas une dette au passif ; il figure dans les droits et engagements hors bilan.
Fiscalement, ce ne sont donc pas les loyers en tant que tels qui sont pris en charge, mais l’amortissement du bien et la part d’intérêts des loyers, selon les règles des frais professionnels. Pour une voiture, des règles de déductibilité propres aux véhicules s’ajoutent. Votre comptable fixe le traitement exact.
Et la TVA ?
La société de leasing facture la TVA. Dans la pratique courante, elle figure sur chaque loyer et sur l’option d’achat, ce qui étale la charge de TVA. La Cour de justice de l’Union européenne a cependant jugé (arrêt du 4 octobre 2017, C-164/16, Mercedes-Benz Financial Services) qu’une location avec option d’achat peut constituer une livraison de biens, taxée dès le départ, lorsque les conditions financières du contrat font de la levée de l’option le seul choix économiquement rationnel. Avec une option d’achat très faible, la question se pose : demandez au loueur comment il facture la TVA et faites valider par votre comptable la part que vous pouvez déduire.
Qui peut conclure un leasing financier ?
Le leasing financier est un financement professionnel. Il s’adresse aux sociétés, aux indépendants en personne physique et aux professions libérales, pour un bien affecté à leur activité : machines et outillage, véhicules utilitaires ou de société, matériel médical ou dentaire, informatique, équipement de bureau.
Conclu pour l’activité professionnelle, il ne relève pas du Livre VII du Code de droit économique, qui ne protège que le consommateur, défini à l’article I.1, 2° du Code comme « toute personne physique qui agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale ». Conséquences : pas de TAEG maximum légal, pas de délai de rétractation propre au crédit à la consommation, et un taux librement négocié. Comparer les offres est d’autant plus utile.
Un particulier qui finance un bien privé ne passe pas par un leasing financier professionnel : il se tourne vers un crédit à la consommation encadré par le Livre VII.
Comment lire une simulation de leasing financier
Une simulation de leasing (ou une offre) doit reprendre les éléments suivants. Vérifiez-les avant de comparer deux propositions :
| Élément | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|
| Prix d’investissement hors TVA | Prix du devis, remises déduites, avec installation ou accessoires financés. C’est la base de tous les calculs. |
| Acompte ou premier loyer majoré | Montant payé au départ. Il réduit les loyers suivants mais mobilise votre trésorerie. |
| Durée et nombre de loyers | Mensuels, trimestriels ; payables en début (à échoir) ou en fin de période (échus). Une durée plus longue abaisse le loyer et augmente les intérêts. |
| Option d’achat | En euros et en pourcentage du prix. Au-delà de 15 %, il ne s’agit plus d’un leasing financier. |
| Loyer hors TVA | Comparez les offres hors TVA ; la TVA récupérable dépend de votre situation. |
| Frais | Frais de dossier, de gestion, d’assurance exigée par le loueur, indemnité en cas de fin anticipée. |
| Coût total | Acompte + tous les loyers + option d’achat + frais, hors TVA. La différence avec le prix représente le coût du financement. |
| Taux implicite | Le taux qui égalise le prix du bien et la valeur actuelle des loyers et de l’option. Rarement affiché : demandez-le ou recalculez-le. |
Le module « Choisissez votre montant » affiché en haut de cette page sert à comparer des demandes de crédit en ligne ; il ne calcule pas un loyer de leasing. Pour un leasing, la simulation se fait sur la base du devis de votre fournisseur.
Exemple chiffré : matériel de 30 000 € hors TVA
Exemple illustratif calculé le 26/09/2026. Hypothèses : matériel de 30 000 € hors TVA, sans acompte, option d’achat de 3 % (900 €), taux d’intérêt annuel hypothétique de 6 % (0,5 % par mois), loyers mensuels payés en fin de mois, sans frais de dossier. Ce n’est pas une offre : chaque société de leasing applique son propre taux, ses frais et son mode de calcul.
Formule utilisée. On retire du prix la valeur actualisée de l’option d’achat, puis on calcule une annuité constante sur ce montant : loyer = [P − V / (1 + i)n] × i / [1 − (1 + i)−n], avec P le prix hors TVA, V l’option d’achat, i le taux mensuel et n le nombre de loyers.
| Hypothèse (option 3 %) | Loyer mensuel hors TVA | Coût total hors TVA (dont intérêts) |
|---|---|---|
| 48 loyers, taux 6 % | 687,91 € | 33 919,68 € (3 919,68 €) |
| 60 loyers, taux 6 % | 567,08 € | 34 924,80 € (4 924,80 €) |
| 60 loyers, taux 8 % | 596,04 € | 36 662,40 € (6 662,40 €) |
| 60 loyers à échoir (début de mois), taux 6 % | 564,26 € | 34 755,60 € (4 755,60 €) |
Coût total = somme des loyers + option d’achat de 900 €. Avec une TVA de 21 %, le loyer de 567,08 € devient 686,17 € TVA comprise. Porter l’option d’achat à 15 % (4 500 €) sur 60 loyers à 6 % ramène le loyer à 515,49 € hors TVA, mais le coût total monte à 35 429,40 €, parce que le capital est remboursé plus tard.
Recalculer le taux implicite d’une offre. Supposons une offre de 60 loyers de 585 € hors TVA et une option d’achat de 900 € pour ce même matériel de 30 000 €. Le coût total atteint 36 000 €, soit 6 000 € de financement. Le taux qui égalise 30 000 € et la valeur actuelle de ces paiements est d’environ 0,60 % par mois, soit environ 7,24 % par an en taux nominal (7,49 % en taux annuel effectif). Un tableur le calcule avec la fonction TAUX (RATE) : TAUX(60 ; -585 ; 30000 ; -900).
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Leasing financier, renting ou prêt d’investissement ?
| Critère | Leasing financier | Prêt d’investissement |
|---|---|---|
| Propriétaire pendant le contrat | La société de leasing (vous avez le droit d’usage) | Vous, dès l’achat |
| Bilan | Bien à l’actif, dette au passif | Bien à l’actif, dette au passif |
| Garantie | Le bien lui-même (le loueur en reste propriétaire) | Selon la banque : gage, caution, autres sûretés |
| Financement | Jusqu’au prix hors TVA, TVA étalée selon la facturation du loueur | Souvent une partie du prix ; la TVA de la facture d’achat est à préfinancer |
| Fin du contrat | Option d’achat à lever (≤ 15 %) | Rien à payer après la dernière mensualité |
| Sortie anticipée | Encadrée par le contrat, souvent coûteuse | Remboursement anticipé selon le contrat de crédit |
À taux égal, les deux formules coûtent des montants proches. Pour comparaison, un prêt de 30 000 € sur 60 mois au même taux hypothétique de 6 % donne une mensualité de 579,98 € et 4 798,80 € d’intérêts, contre 567,08 € de loyer, 900 € d’option d’achat et 4 924,80 € de coût du financement pour le leasing de l’exemple. L’écart vient surtout du taux obtenu, des frais et du traitement de la TVA, pas de la formule elle-même.
Le renting (option d’achat supérieure à 15 %) garde le bien hors du bilan : les loyers sont des charges. Il se justifie si vous tenez à cette présentation comptable ou si vous ne comptez pas forcément racheter le bien.
Ce que la société de leasing vous demandera
- Le devis ou le bon de commande du fournisseur, avec la description du bien.
- Pour une société : les derniers comptes annuels et une situation intermédiaire récente.
- Pour un indépendant ou une profession libérale : les derniers avertissements-extraits de rôle, les déclarations TVA et, selon le cas, un relevé de l’activité en cours.
- Pour une entreprise qui démarre : un plan financier, et souvent un acompte plus élevé ou une caution personnelle du dirigeant.
- Le numéro d’entreprise (BCE) et l’identification des dirigeants.
Le loueur apprécie surtout la capacité de l’entreprise à payer les loyers et la valeur de revente du bien : un matériel standard, qui se revend facilement, se finance plus aisément qu’un équipement très spécifique.
Quand le leasing financier n’est pas le bon outil
- Le bien sera obsolète avant la fin du contrat (certaines technologies) : vous paierez des loyers pour un matériel dont vous ne vous servez plus. Une durée plus courte ou une location avec services peut mieux convenir.
- Vous voulez des services inclus (entretien, remplacement, assurance) : c’est un leasing opérationnel, un autre produit avec un autre loyer.
- L’usage est surtout privé : le leasing professionnel n’est pas conçu pour cela ; un crédit à la consommation encadré par le Livre VII s’applique.
- Vous disposez de la trésorerie et n’avez pas d’autre usage plus rentable de cet argent : l’achat comptant évite le coût du financement.
- Votre activité risque de s’arrêter ou de changer pendant la durée ferme : une résiliation anticipée coûte en général les loyers restants, parfois actualisés, et l’option d’achat.
Demander une offre de leasing
Pour obtenir une proposition chiffrée sur votre matériel, préparez le devis hors TVA, votre numéro d’entreprise et le type de bien. Express Finance, courtier en crédit, propose un formulaire de demande de leasing pour les professionnels.
Demander un leasing (Express Finance)
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Vous financez plutôt votre activité, un stock ou un besoin de trésorerie ? Consultez notre page crédit pour indépendants et professions libérales.
Pour plus de détails sur la procédure, vous pouvez aussi contacter un courtier.
Sources
- Commission des normes comptables, article 3:89 de l’AR du 29 avril 2019 (rubrique III.D Location-financement), consulté le 26/09/2026.
- Commission des normes comptables, avis CNC 2015/4 – Location-financement (24 juin 2015), consulté le 26/09/2026.
- CJUE, 4 octobre 2017, C-164/16, Mercedes-Benz Financial Services UK, consulté le 26/09/2026.
- Credit2Consumer, définition du consommateur (article I.1, 2° CDE), consulté le 26/09/2026.