Un refinancement d’emprunts, aussi appelé rachat ou regroupement de crédits, ne se résume pas à signer un nouveau contrat : son intérêt dépend de ce que vous faites avant la signature, pendant la mise en place et surtout après, quand la mensualité unique a libéré de la marge dans votre budget. Cette page suit l’opération dans l’ordre, avec les points de contrôle qui font la différence entre un refinancement qui assainit durablement un budget et un refinancement qui ne fait que repousser le problème.
Avant : faire l’inventaire exact de ce que vous allez refinancer
Un refinancement remplace plusieurs contrats par un seul. Pour savoir s’il vous fait gagner quelque chose, il faut d’abord connaître précisément ce que vous remplacez. Pour chaque crédit en cours, notez :
- le solde restant dû aujourd’hui, et non le montant emprunté à l’origine ;
- la durée restante et la mensualité ;
- le TAEG du contrat : Wikifin recommande de demander à chaque prêteur le TAEG de tous vos crédits en cours, car c’est la seule base de comparaison fiable avec la nouvelle offre ;
- l’indemnité de remboursement anticipé éventuelle : pour un crédit à la consommation, elle est plafonnée par la loi à 1 % du capital remboursé anticipativement si le contrat court encore plus d’un an, et à 0,5 % s’il reste moins d’un an.
Cet inventaire fait apparaître deux choses. D’abord, le montant total qu’il vous reste à payer si vous ne changez rien, mensualités additionnées. Ensuite, les contrats qu’il n’est pas intéressant d’inclure : un financement à 0 %, ou un prêt dont il ne reste que quelques mensualités, coûtera plus cher une fois réintégré dans un nouveau crédit plus long qu’en le laissant s’éteindre.

Fixer l’objectif : mensualité ou coût total ?
C’est la décision centrale, et elle est rarement explicite. Un regroupement de crédits permet généralement de baisser la mensualité en étalant le remboursement sur une durée plus longue. Le revers, rappelé par la FSMA, est qu’une durée plus longue signifie davantage d’intérêts au total : vous gagnez de la marge chaque mois, mais vous payez plus à l’arrivée.
Deux situations appellent deux réglages différents :
- Votre budget ne boucle plus. La priorité est une mensualité tenable, et l’allongement de la durée est le prix de cette respiration. Choisissez alors la durée la plus courte qui rend la mensualité supportable, pas la plus longue possible.
- Votre budget boucle, mais vous voulez simplifier ou payer moins cher. Le refinancement n’a de sens que si le montant total dû du nouveau contrat est inférieur à la somme de ce qu’il vous reste à payer, indemnités et frais compris. Si le TAEG proposé est plus élevé que celui de vos crédits actuels, il est peu probable, comme le souligne Wikifin, que vous fassiez une bonne affaire.
Dans les deux cas, demandez la fiche d’information précontractuelle (SECCI) du nouveau crédit : elle indique la mensualité, le nombre de mois, le TAEG et le montant total à rembourser, ce qui permet une comparaison poste par poste avec votre inventaire.
Pendant : ce que fait le nouveau prêteur, ce que vous devez faire
Une fois l’offre acceptée, le nouveau prêteur verse en principe directement aux anciens prêteurs les montants nécessaires pour solder vos contrats. Vous n’êtes pas obligé de changer de banque : la nouvelle mensualité est prélevée sur votre compte habituel.
Trois détails vous concernent directement :
- La notification du remboursement anticipé. Le remboursement anticipé d’un crédit à la consommation se notifie au prêteur par lettre recommandée, au moins dix jours avant l’échéance suivante. Vérifiez qui, de vous ou du nouveau prêteur, s’en charge pour chaque contrat.
- Le décompte de clôture. Demandez à chaque ancien prêteur un décompte écrit indiquant le solde, l’indemnité appliquée et la date de clôture. C’est ce document qui prouve que le contrat est éteint.
- L’assurance solde restant dû. Elle n’est pas obligatoire pour un crédit à la consommation. Si vous souhaitez en souscrire une, vous pouvez le faire auprès de l’assureur de votre choix ; demandez l’offre avec et sans assurance, pour voir ce qu’elle change au TAEG et au montant total.
Après : les quatre contrôles qui décident du résultat
C’est la phase que les emprunteurs négligent le plus, alors qu’elle conditionne tout. Un refinancement bien exploité se reconnaît à ces quatre réflexes dans les semaines qui suivent :
- Vérifier la clôture effective des anciens contrats. Contrôlez que plus aucun prélèvement ne part vers les anciens prêteurs et faites supprimer les domiciliations et ordres permanents devenus inutiles. Un prélèvement qui continue sur un contrat soldé se récupère, mais il déséquilibre entre-temps votre budget.
- Fermer les lignes de crédit qui ont été remboursées. Une ouverture de crédit ou une carte de magasin soldée par le refinancement reste utilisable si le contrat n’est pas résilié. La fermer par écrit évite de reconstituer, sans s’en rendre compte, la situation de départ. La Centrale des crédits aux particuliers efface un crédit sans incident au plus tard trois mois et huit jours après la fin du contrat ; votre fiche reflétera la clôture.
- Caler la nouvelle mensualité sur vos revenus. Si le prêteur vous laisse choisir la date de prélèvement, prenez une date qui suit de près le versement de votre salaire ou de votre revenu de remplacement. Wikifin suggère aussi, pour ceux qui le souhaitent, un compte séparé alimenté chaque mois du montant de la mensualité et réservé à cet usage.
- Décider à l’avance de l’usage de la marge dégagée. La différence entre vos anciennes mensualités additionnées et la nouvelle est la véritable raison d’être de l’opération. Affectez-la consciemment : constitution d’une réserve pour les imprévus, remboursement d’arriérés non bancaires (énergie, soins de santé, impôts), ou remboursement anticipé partiel plus tard si votre situation s’améliore. Ce qui n’est pas affecté est généralement absorbé par les dépenses courantes, et la marge disparaît.

L’erreur à ne pas commettre : refinancer, puis réemprunter
Le refinancement ramène votre endettement à une seule ligne, avec une durée plus longue. Contracter un nouveau prêt à tempérament ou rouvrir une réserve d’argent dans les mois qui suivent revient à empiler un deuxième étage sur un remboursement déjà étiré : la mensualité globale remonte, mais cette fois sur une durée plus longue et sans la marge que vous aviez dégagée. Si un besoin de financement se présente peu après, posez-vous d’abord la question que Wikifin pose à tout emprunteur : les frais du crédit valent-ils l’avantage d’acheter maintenant ?
Quand le refinancement n’est pas la bonne réponse
- Vos difficultés viennent de dettes qui ne sont pas des crédits (loyer, énergie, impôts, soins). Un regroupement de crédits ne les reprend pas nécessairement, et emprunter pour les payer coûte des intérêts sur des sommes qui n’en portaient pas. Contactez d’abord les créanciers, puis un service de médiation de dettes agréé ou le CPAS de votre commune.
- Un seul contrat vous pose problème. Vous pouvez demander à ce prêteur des facilités de paiement (suspension temporaire, étalement). Consignez l’accord par écrit ; si le prêteur refuse ou ne répond pas dans le mois, le juge de paix peut accorder un rééchelonnement des échéances futures.
- Vous êtes déjà en défaut de paiement enregistré à la Centrale. Un nouveau crédit, y compris un regroupement, est alors très difficile à obtenir et, au-delà de 1 000 € d’arriérés, interdit au prêteur. La médiation de dettes, puis le cas échéant le règlement collectif de dettes devant le tribunal du travail, sont les voies prévues.
Pour le détail des postes de coût (intérêts, frais de dossier, indemnités, assurance) et un exemple calculé, voyez combien coûte un regroupement de crédits. Pour les conditions d’accès, consultez qui peut bénéficier d’une centralisation de crédits.
Estimer son refinancement avant de s’engager
Le simulateur de rachat de crédits d’Online Credit permet de tester, à partir du montant total à refinancer et d’une durée, le niveau de la mensualité unique. Ajustez la durée pour voir comment la mensualité et le montant total évoluent en sens inverse, puis comparez le résultat à votre inventaire. La simulation et la demande en ligne sont gratuites et sans engagement ; une offre précise vous est ensuite proposée après analyse de votre dossier, car le prêteur doit vérifier votre capacité de remboursement avant tout accord.

Questions fréquentes
Dois-je prévenir mes prêteurs actuels moi-même ?
Le remboursement anticipé se notifie par recommandé au moins dix jours avant l’échéance suivante. Dans la plupart des opérations, le nouveau prêteur organise les remboursements, mais vérifiez contractuellement qui envoie les notifications et conservez les décomptes de clôture.
Puis-je inclure un crédit hypothécaire dans le refinancement ?
C’est possible dans certaines formules, mais les règles d’indemnité de remploi et les frais (notaire, inscription) sont différents de ceux du crédit à la consommation, et l’opération engage votre logement. Elle se compare séparément ; voyez quand un refinancement hypothécaire est rentable.
La mensualité unique baisse : est-ce que je paie moins ?
Pas forcément. Une mensualité plus basse sur une durée plus longue aboutit le plus souvent à un montant total plus élevé. Le seul chiffre qui dit si vous payez moins est le montant total dû du nouveau contrat, comparé à la somme de ce qu’il vous restait à payer, indemnités comprises.
Que devient mon enregistrement à la Centrale des crédits ?
Le nouveau contrat y est enregistré comme tout crédit à la consommation ; les anciens contrats soldés sans incident sont effacés au plus tard trois mois et huit jours après leur fin. Vous pouvez consulter gratuitement votre fiche auprès de la Banque nationale pour le vérifier.
Sources
- Wikifin (FSMA), Regrouper ses crédits, est-ce une bonne idée ? (durée, TAEG, coûts supplémentaires), consulté le 3 octobre 2026.
- Wikifin (FSMA), Quid si vous décidez de rembourser votre crédit à la consommation plus tôt que prévu ? (recommandé dix jours, indemnité 1 % / 0,5 %), consulté le 3 octobre 2026.
- Wikifin (FSMA), Comment rembourser un crédit ? (date de prélèvement, compte séparé), consulté le 3 octobre 2026.
- Wikifin (FSMA), Que faire si vous n’arrivez plus à rembourser votre crédit ? (facilités de paiement, juge de paix, médiation, règlement collectif de dettes), consulté le 3 octobre 2026.
- Wikifin (FSMA), Vous avez besoin d’un crédit, comment faire ? (fiche SECCI, contenu), consulté le 3 octobre 2026.
- Wikifin (FSMA), Le rôle de la Centrale des crédits aux particuliers (effacement trois mois et huit jours après la fin du contrat, consultation gratuite), consulté le 3 octobre 2026.
- Wikifin (FSMA), Devez-vous souscrire une assurance solde restant dû pour un crédit à la consommation ? (assurance facultative, libre choix de l’assureur, TAEG avec et sans), consulté le 3 octobre 2026.
- Crédal, Les microcrédits aux particuliers (rappel de l’article VII.77 § 2 CDE : seuil de 1 000 € d’arriérés), consulté le 3 octobre 2026.

